L’analyse sell-side perdra 300 millions de dollars de revenus sous MIF 2
Les craintes des analystes semblent bel et bien fondées. A moins d’un an de l’entrée en vigueur de MIF 2 le 3 janvier prochain, Greenwich Associates a livré hier un chiffrage de l’impact possible de la directive européenne sur la rémunération de la recherche produite par les banques d’investissement (BFI) et les courtiers. Selon le cabinet américain, la nouvelle réglementation amputera les commissions de recherche «buy-side» de plus de 100 millions d’euros en Europe et de près de 200 millions de dollars aux Etats-Unis, soit un total de plus de 300 millions de dollars (282 millions d’euros) pour les deux régions dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur de l’unbundling. Avec cette nouvelle règle, les gestionnaires d’actifs devront dissocier le paiement de l’exécution des ordres du financement des services d’analyse et de corporate access (interviews de dirigeants d’entreprise….).
La baisse des commissions de recherche amputera les revenus des BFI et des courtiers, mais il est difficile d’estimer son impact sur les seules activités d’analyse. A fin février, les revenus de l’industrie «sell-side» liés à la recherche et au conseil ont atteint 5,9 milliards de dollars sur 12 mois aux Etats-Unis, pour des commissions totales de cash equity de l’ordre de 9,7 milliards de dollars, estime Greenwich Associates. En Europe, les montants atteignent respectivement 1,78 milliard et 3,15 milliards d’euros sur la même période.
Si leur effet cumulé peut mettre en difficulté certaines équipes de recherche «sell-side», les baisses de budget seront «relativement modestes» à l’échelle des 99 gestionnaires d’actifs sondés par Greenwich Associates. Les investisseurs européens prévoient une baisse de 7% en moyenne de leur facture de services d’analyse et de conseil ; et leurs homologues américains un recul de 5%. S’ils ne sont pas concernés par MIF 2 sur leur territoire domestique, 43% des gestionnaires américains envisagent des changements globaux dans l’évaluation de leur politique de recherche. 61% des groupes européens vont faire de même. Les acteurs devraient globalement limiter le nombre de leurs intermédiaires. Ils déclarent vouloir augmenter de 4% en moyenne le recours à la recherche «maison» au détriment des analystes produites par les BFI (-7% en Europe, -2% aux Etats-Unis) et les spécialistes d’un pays ou d’un secteur d’activité (-3% et -2%). En revanche, les fournisseurs de recherche indépendante devraient être épargnés par les coupes.
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