L’Afrique devient une cible de choix pour les entreprises étrangères
Longtemps marginalisé, le continent africain constitue désormais une source de croissance externe significative pour les investisseurs internationaux, montre une étude récemment publiée par le cabinet d’avocats Freshfields Bruckhaus Deringer.
Sur une période de dix ans, la valeur cumulée des 2.417 opérations ciblant l’Afrique dépasse 182 milliards de dollars. Si le pic de 41,5 milliards atteint en 2007 n’a pas encore été égalé, le montant des opérations émanant d’acquéreurs non africains en 2012 a progressé d’une année sur l’autre de 71% à 20 milliards, à comparer à une contraction de 7% pour l’activité de fusions et acquisitions à l’échelle mondiale sur la période.
Bien que l’Afrique du Sud reste indétrônable en tant que premier investisseur et premier pays cible du continent sur chacune des dix dernières années, les acquéreurs non africains ont été à l’origine de 51% des transactions en 2012, contre seulement 36,5% en 2003. En dix ans, le Royaume-Uni a réalisé pour 30,5 milliards de dollars d’opérations dans la région, répartis sur 437 transactions, juste devant la France qui y a effectué 141 opérations d’une valeur totale légèrement inférieure à 30,5 milliards; près de la moitié de ce montant provient cependant du rachat de l’égyptien OCI Cement par Lafarge à l’automne 2007. En troisième position figure la Chine avec 49 opérations et 20,8 milliards investis sur la période, ce qui reflète la montée de l’Asie qui représentait 22% des transactions l’an dernier, contre 12% en 2003.
Si les groupes étrangers ont plébiscité les ressources naturelles (mines, hydrocarbures) qui ont représenté 48% du montant de leurs transactions sur dix ans, ils ciblent de plus en plus les produits et services de grande consommation (télécoms, agroalimentaire, distribution) dans lesquels ils ont investi 58 milliards de dollars sur la période, soit 32% du total.
«Les insuffisances de l’Afrique an matière d’infrastructures représentent une opportunité majeure pour les investisseurs étrangers», commente Hervé Pisani, associé chez Freshfields, en ajoutant que «l’émergence d’une classe moyenne alliée à la hausse du PIB par habitant vont permettre aux fusions-acquisitions dans la grande consommation de poursuivre leur expansion». Mais les risques de fraude, de corruption et l’instabilité des politiques de change constituent les principaux obstacles à l’expansion des entreprises internationales en Afrique.
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