L’affacturage français souffre d’une compression de ses marges
Alors que Bercy vient de lancer une mission pour développer l’affacturage en France, le régulateur «relativise» les critiques de l’inspection générale des finances à l’encontre de l’oligopole bancaire sur ce métier. S’il est «devenu le deuxième moyen de financement bancaire court terme des entreprises derrière le découvert», les établissements financiers ne l’utilisent pas nécessairement comme un substitut au crédit, estime l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (APCR). Dans un rapport sur le secteur publié il y a quelques jours, elle pointe des «facteurs financiers et réglementaires» pour expliquer le recours à l’affacturage.
L’ACPR souligne aussi la situation paradoxale de l’activité en France. Solution permettant aux entreprises de recouvrer des créances par anticipation, l’afffacturage «enregistre en 2012 une croissance significative de son activité», mais «la rentabilité marque le pas». La production nouvelle augmente de 8,9%, avec 185 milliards d’euros de créances achetées. Plus dynamique que la moyenne européenne et mondiale, et que les autres métiers de financement spécialisés, le marché français n’affiche toutefois pas une croissance à deux chiffres comme en 2011. Il «marque un net ralentissement sur 2012 et sur le premier semestre 2013», note le régulateur. Quant aux encours, ils progressent seulement de 2,2% l’an dernier, à 25,3 milliards d’euros.
En parallèle, les comptes de résultat des affactureurs se dégradent. Le produit net bancaire (PNB) du secteur reste stable en 2012, à 710 millions d’euros. Ce chiffre brut, qui n’inclut pas les refacturations aux maisons mères, pâtit du niveau historiquement bas des taux interbancaires qui limite les revenus d’intérêt. Les produits financiers représentent seulement un tiers du PNB 2012 contre 40,7% un an plus tôt. Les marges sur encours s’en ressentent. Elles tombent à 0,38% l’an dernier, contre 0,42% en 2011 et 0,51% en 2009.
Chez les trois principaux acteurs, Eurofactor (Crédit Agricole), GE Factofrance et BNP Paribas Factor, elles plafonnent même à 0,33%. «Pour compenser la chute des taux et le durcissement des conditions de refinancement, les sociétés d’affacturage ont progressivement mis en place une politique de repricing (hausse des prix, ndlr), pointe l’ACPR. Les effets de ce choc de liquidité ont ainsi été en partie répercutés sur la production nouvelles (mais) le repricing s’avère commercialement plus délicat sur le stock de contrats».
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