L’action Ubisoft gagne 10%, le marché spéculant sur un rachat
L’action Ubisoft signe la plus forte hausse de l’indice SBF 120 ce lundi, portée par des informations de Bloomberg selon lesquelles les sociétés de capital-investissement Blackstone Inc. et KKR & Co. auraient étudié le rachat de l'éditeur de jeux vidéo.
Vers midi, l’action Ubisoft progressait de 10%, à 42,32 euros.
Selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg, Blackstone Inc. et KKR & Co. ont manifesté un intérêt préliminaire pour les activités d’Ubisoft, qui n’a toutefois pas initié de négociations avec un acquéreur potentiel.
Contacté par l’agence Agefi-Dow Jones, un porte-parole de l'éditeur de jeux vidéo n’a pas souhaité commenter ces spéculations. «Nous sommes idéalement positionnés pour tirer parti de la croissance rapide du secteur et des opportunités concernant les plateformes qui se présentent», a toutefois indiqué la société dans une déclaration transmise par e-mail.
Intérêt spéculatif
Par rapport à ses concurrents, Ubisoft se distingue, en effet, par sa puissante capacité de production interne, forte de plus de 45 studios de développement répartis sur les cinq continents. Autre atout : en faisant le choix de développer ses marques en propre, le fleuron français reste en possession de la totalité des droits de propriété intellectuelle sur ses jeux. Il peut ainsi les décliner sur tout type de médias, de produits ou de services, de manière à multiplier les sources de revenus.
Alors que la concentration du secteur des jeux vidéo s’accélère à l'échelle planétaire, Ubisoft recèle un vif intérêt spéculatif. Tencent est souvent cité par les analystes comme un candidat naturel au rachat du groupe fondé par la famille Guillemot, dont il possède déjà un peu moins de 5% du capital. Mais les plateformes de cloud gaming existantes ou futures sont autant d’acquéreurs potentiels pour le fleuron français. Les fonds d’investissement complètent la liste.
«Ubisoft étant faiblement valorisée en Bourse, le scénario d’un rachat de l’entreprise se précise», observe un analyste basé à Paris. Son cours de Bourse ne reflète pas la qualité de son portefeuille de jeux, ni le fort potentiel de son catalogue de lancements à moyen terme. L’important vecteur d’amélioration des marges que constitue la croissance du taux de pénétration des ventes digitales dans le chiffre d’affaires de l'éditeur français n’est pas plus intégré par le marché.
Plus d'articles du même thème
-
Safran discute d'une offre de 2,2 milliards d'euros sur Exail Technologies
L'équipementier aéronautique négocie avec la famille Gorgé un rachat de son bloc de 41 % du capital du spécialiste des drones sous-marins au prix de 128,50 euros par action. Une telle reprise entraînerait une OPA sur le pensionnaire du SBF 120. -
EasyJet entrouvre la porte à Castlelake
Le fonds américain voit rejetée sa 4e offre, portée à 4,93 milliards de livres, sur le groupe de transport aérien. Mais il va pouvoir accéder à une partie des comptes. -
Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
La société de gestion du fonds d’Abou Dhabi réclame au préalable des engagements d’apport pour au moins 80% du capital. Pour éviter le blocage de minoritaires, il promet une prime de 0,10 euro par action ordinaire, s’il parvient à sortir la société de la cote.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français