L’acquisition du groupe Moniteur consacre à nouveau la dette unitranche
Longue et compliquée, l’acquisition d’Info Services par Infopro Digital est enfin conclue. L’opération avait été autorisée dès le mois d’octobre par l’Autorité de la concurrence, mais elle aura mis deux mois à se concrétiser.
Acquis pendant la bulle financière en 2006 par Bridgepoint, Info Services –qui édite Le Moniteur– était lesté d’une dette supérieure à 300 millions d’euros. Un montant surdimensionné pour des revenus de 176 millions en 2012. Infopro Digital (L’Usine Nouvelle, ETAI…) affichait 120 millions de revenus en 2012, qui devraient avoir progressé en 2013. Le nouvel ensemble serait rentable en exploitation.
Les protagonistes revendiquent donc une sortie par le haut avec la création d’un mastodonte de l’information professionnelle. «Il est rare qu’une restructuration, en particulier dans la presse, débouche sur un groupe qui fasse autant de sens», affirme l’un d’eux. L’actionnariat d’Infopro a été remanié: Apax Partners renforce son contrôle en prenant environ 76% du capital, contre 63,9% précédemment. Les dirigeants, dont le président du groupe Christophe Czajka, en détiennent près de 16%. Bridgepoint (qui contrôlait 93% d’Info Services) a réinvesti dans le nouvel ensemble à hauteur de 7,5%. Des chiffres quasi-identiques à ceux publiés dans la décision de l’Autorité de la concurrence d’octobre.
Un financement de type unitranche –très à la mode– de 210 millions d’euros a été apporté par les fonds de dette privée Ares Management, Highbridge Capital Management (filiale de la banque JPMorgan) et Hayfin Capital Management (entité créée par TowerBrook Capital Partners en 2009).
Ce montant a servi à refinancer la dette d’Infopro, contractée en 2007, et à réaliser l’acquisition d’Info Services. Dans le cadre de celle-ci, le point d’interrogation principal concernait le sort des créanciers de la cible. Les nombreuses banques et le prêteur junior ICG ont dû faire contre mauvaise fortune bon cœur et abandonner plus de 180 millions d’euros de créances. En effet, seuls 120 millions de la dette du Moniteur ont été repris. Une partie a été remboursée à la clôture définitive de l’opération, tandis que l’autre a été reportée (roll-over), notamment à travers l’émission d’une tranche pay-in-kind (PIK).
En plus de l’unitranche, une ligne de crédit renouvelable de 20 millions d’euros est apportée par le CIC. Une facilité, également non tirée, a enfin été montée pour financer les investissements.
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