L’abondance de liquidités soutient des valorisations élevées dans le private equity
Les valorisations sur le segment des PME non cotées ne fléchissent pas malgré la conjoncture maussade en zone euro. Selon le baromètre réalisé par Epsilon Research pour Argos Soditic au quatrième trimestre 2014, les multiples d’acquisition ont ainsi progressé de 7,8 à 8,1 fois l’Ebitda sur l’échantillon de 108 transactions retenues. Un niveau élevé supérieur de 10% à celui observé sur dix ans, souligne Argos Soditic.
Le baromètre, qui trace les opérations de 15 à 500 millions d’euros, met en outre en lumière le rôle croissant des industriels, qui disposent d’une «trésorerie importante», note Louis Gordon, le président d’Argos Soditic France. Alors que les multiples payés par les investisseurs financiers ont reflué de 8,5 à 8,4 fois l’Ebitda, après avoir atteint au troisième trimestre leur plus haut depuis 2005, ceux payés par les groupes industriels ont au contraire augmenté de 7,5 à 8 fois.
Outre le retour des industriels, le secteur bénéficie également de la liquidité disponible dans le système financier. L’annonce d’une politique accommodante de la BCE a notamment induit un rebond des marchés actions et des fusions-acquisitions en fin d’année. «Il existe un lien entre les prix payés sur les marchés cotés et les multiples dans le non-coté», explique Louis Gordon.
Le secteur bénéficie également de l’écrasement des taux d’intérêts, qui réduit le coût du financement par la dette des opérations et incite les épargnants à investir dans le compartiment. Selon l’Afic, la collecte globale des Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) et des fonds d’investissement de proximité (FIP) créés en 2014 a ainsi augmenté de 12% l’an dernier, à 763 millions d’euros, son plus haut niveau depuis 2010.
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