Labco prépare une émission à haut rendement de 500 millions d’euros

Elle sera couplée à un financement bancaire de 125 millions. Etablir le rang de priorité sera particulièrement déterminant
Antoine Landrot

Les conditions nettement plus favorables sur les marchés de taux et l’amélioration du climat économique encouragent les sociétés sous LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier) à renégocier ou refinancer leur endettement. Le refinancement de Labco, réseau de laboratoires d’analyses détenu par 3i (à hauteur de 20%), TCR Capital Partners, NI Partners – aujourd’hui Nixen Partners – et CIC Finance, devrait ainsi marquer le début de l’année à plusieurs titres.

La transaction devrait ainsi être la première émission européenne à haut rendement de 2011. Son montant s’avère conséquent, particulièrement pour un LBO. Un banquier a confirmé à L’Agefi le fait que Credit Suisse, accompagné par Natixis, UBS et Deutsche Bank, préparaient pour lundi 17 janvier le marketing auprès des investisseurs d’une émission d’environ 500 millions d’euros pour Labco, à échéance 2018.

De nombreux établissements s’étaient positionnés. «Le choix de Credit Suisse n’est pas surprenant, la banque jouissant d’une très belle réputation dans le high yield», commente un concurrent malheureux. Cela dit, la crise financière étant passée par là, les négociations sont plus serrées qu’aux plus belles heures du marché précédant 2008. «Labco est une belle société, qui réalise environ 95 millions d’euros d’Ebitda, rappelle un professionnel. Mais le marché actuel présente plus d’aléas. Les comités de crédit sont plus vigilants.»

Ce d’autant plus que le refinancement de Labco prévoit également une ligne de crédit bancaire renouvelable (RCF, revolving credit facility) de 125 millions d’euros, arrangée par les mêmes établissements et destinée à financer des acquisitions et à être tirées au fur et à mesure qu’elles se présenteront. Or, les conditions dans lesquelles les banques accepteront de financer cette tranche détermineront également le prix de l’émission high yield. «Il faut déterminer si la RCF et les obligations seront considérées pari passu, c’est-à-dire bénéficiant du même degré de ‘séniorité’ en cas de défaut», souligne le banquier.

En dehors du rang de priorité, les points d’achoppement concerneraient les conditions d’utilisation de la RCF et son traitement de la part des agences de notation. «Si elle est considérée comme une dette supplémentaire, elles pourraient dégrader l’émetteur d’un cran», prévient le professionnel.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...