Labco prépare une émission à haut rendement de 500 millions d’euros
Les conditions nettement plus favorables sur les marchés de taux et l’amélioration du climat économique encouragent les sociétés sous LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier) à renégocier ou refinancer leur endettement. Le refinancement de Labco, réseau de laboratoires d’analyses détenu par 3i (à hauteur de 20%), TCR Capital Partners, NI Partners – aujourd’hui Nixen Partners – et CIC Finance, devrait ainsi marquer le début de l’année à plusieurs titres.
La transaction devrait ainsi être la première émission européenne à haut rendement de 2011. Son montant s’avère conséquent, particulièrement pour un LBO. Un banquier a confirmé à L’Agefi le fait que Credit Suisse, accompagné par Natixis, UBS et Deutsche Bank, préparaient pour lundi 17 janvier le marketing auprès des investisseurs d’une émission d’environ 500 millions d’euros pour Labco, à échéance 2018.
De nombreux établissements s’étaient positionnés. «Le choix de Credit Suisse n’est pas surprenant, la banque jouissant d’une très belle réputation dans le high yield», commente un concurrent malheureux. Cela dit, la crise financière étant passée par là, les négociations sont plus serrées qu’aux plus belles heures du marché précédant 2008. «Labco est une belle société, qui réalise environ 95 millions d’euros d’Ebitda, rappelle un professionnel. Mais le marché actuel présente plus d’aléas. Les comités de crédit sont plus vigilants.»
Ce d’autant plus que le refinancement de Labco prévoit également une ligne de crédit bancaire renouvelable (RCF, revolving credit facility) de 125 millions d’euros, arrangée par les mêmes établissements et destinée à financer des acquisitions et à être tirées au fur et à mesure qu’elles se présenteront. Or, les conditions dans lesquelles les banques accepteront de financer cette tranche détermineront également le prix de l’émission high yield. «Il faut déterminer si la RCF et les obligations seront considérées pari passu, c’est-à-dire bénéficiant du même degré de ‘séniorité’ en cas de défaut», souligne le banquier.
En dehors du rang de priorité, les points d’achoppement concerneraient les conditions d’utilisation de la RCF et son traitement de la part des agences de notation. «Si elle est considérée comme une dette supplémentaire, elles pourraient dégrader l’émetteur d’un cran», prévient le professionnel.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Tache d'huileTransit de pétrole : la Russie ressort l'arme énergétique contre l'Allemagne
Moscou suspend pour des raisons « techniques » à partir du 1er mai les livraisons par oléoduc du pétrole kazakh destinées à une raffinerie située à 100 km de Berlin. -
To talk or not to talkMaurice Lévy : « Trop de choses me séparent du RN et je ne vois pas pourquoi je devrais voir ses dirigeants »
Alors que les rencontres entre chefs d'entreprise et RN s'accélèrent, Maurice Lévy, président d'honneur de Publicis, estime qu'il revient aux organisations patronales de recevoir les dirigeants RN. -
RicochetL'Asie du Sud-Est se tourne de plus en plus vers la Russie pour ses besoins énergétiques
Confrontés à des pénuries et une inflation galopante, les pays de la région multiplient les accords avec Moscou pour garantir leurs approvisionnements en pétrole et en gaz