La zone euro retrouve le chemin de la croissance
Dans le maquis de résultat des sociétés publiés entre le 29 et le 30 juillet, les chiffres de croissance de la zone euro auraient presque pu passer inaperçus. Cela aurait peut-être été le cas, s’ils n’avaient pas été aussi encourageants. Selon les derniers chiffres publiés par Eurostat, le produit intérieur brut a en effet progressé de 2% au deuxième trimestre, alors qu’il était en baisse de 0,3% au premier trimestre. Ce chiffre apparaît bien supérieur aux 1,5% qu’attendait le consensus des économistes. Toujours dans la zone euro, le PIB, corrigé des variations saisonnières, affiche une hausse de 13,7% dans la zone euro comparé avec le même trimestre de l’année précédente.
La France, l’Italie et l’Espagne, avec des taux de croissance au deuxième trimestre de respectivement 0,9%, 2,7% et 2,8% ont surpris à la hausse. Le Portugal, avec une variation du PIB par rapport au trimestre précédent de 4,9% présente la croissance la plus forte de la zone. Seule l’Allemagne, avec une croissance 1,5%, a déçu les économistes qui s’attendaient à une croissance plus proche de 2.
L’investissement soutient la France
Pour le cas particulier de la France, les chiffres publiés vendredi dernier se révèlent non seulement supérieurs à que ce que prévoyait le consensus des économistes, mais aussi au-dessus des prévisions de l’Insee, qui tablait sur une progression de 0,7%. Mais plus encore que ce chiffre dans son ensemble, c’est la composante investissement de la croissance qui a le plus satisfait les observateurs.
Dans son communiqué, l’Insee précise que «le PIB comble ainsi plus d’un cinquième de l’écart restant fin 2020 par rapport à son niveau d’avant-crise : il est inférieur de 3,3 % au niveau du quatrième trimestre 2019, contre 4,2 % aux deux trimestres précédents».
Bruno Le Maire, ministre de l’industrie et des finances, a salué sur France Inter «une performance exceptionnelle de l'économie française», le jour même de la publication de ces données. Même si, corrigé des variations saisonnières, le niveau du PIB de la France reste à celui qui était observé au troisième trimestre 2017.
La consommation des ménages s’est redressée durant le deuxième trimestre, à +0,9 %, après +0,2 % au trimestre précédent. Même si elle reste toujours éloignée de son niveau d’avant-crise, à -5,9 % par rapport au niveau du quatrième trimestre 2019, cela donne tout de même des signes encourageants pour l’économie.
Investissement
Mais, toujours pour la France, la bonne nouvelle provient surtout du côté des entreprises. L’investissement accélère ce trimestre de 1,1% et dépasse même légèrement son niveau précédant la crise, +0,3% par rapport au quatrième trimestre 2019. Ces bon chiffres sont surtout la conséquence du dynamisme de la construction, avec une croissance de +1,8%, après +1,1% de hausse au trimestre précédent, et des services marchands avec une progression de +1,3% qui fait suite à un repli de -0,6% au premier trimestre. «Cela prépare de la meilleure façon la période d’après rattrapage, limitant nettement le risque sur la croissance et l’emploi», a twitté l’économiste de Natixis Philippe Waechter immédiatement après la publication de ces chiffres.
Un point noir demeure cependant du côté des exportations. Les échanges extérieurs français demeurent nettement inférieurs à leur niveau d’avant-crise, en baisse de -8,9 % par rapport au niveau du quatrième trimestre 2019, après -10,2% au trimestre précédent. De leur côté, les importations ont baissé de -5,7% après -7,5% au premier trimestre. La contribution des échanges extérieurs à la croissance du PIB reste donc légèrement négative ce trimestre, de -0,1 point, après -0,5 point au trimestre précédent.
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