La taxe financière en France affectera les actions et les dérivés
Mercredi 8 février, le suspense prendra fin. Les caractéristiques de la taxe sur les transactions financières voulue par Nicolas Sarkozy en France devraient être présentées en Conseil des ministres dans le cadre d’un collectif budgétaire. Tel qu’il semble se dessiner, le projet sera moins large que le schéma de taxe présenté par la Commission européenne, pour éviter, notamment, des délocalisations trop massives de services financiers.
La taxe ne viserait que les actions et les dérivés, pour un rapport espéré d’un milliard d’euros par an, selon Les Echos du 27 janvier. Son taux atteindrait 0,1% pour le cash, et doit encore être déterminé pour les produits dérivés. Il n’a jamais été question de taxer les obligations d’Etat, pour ne pas handicaper la capacité d’emprunt de la France. Mais les obligations privées y échapperont aussi. Beaucoup d’émetteurs peuvent lister facilement leurs titres au Luxembourg, ce qu’ils font déjà. Pénaliser la classe d’actifs entrerait en contradiction totale avec les efforts déployés par la Place du temps où Christine Lagarde logeait à Bercy, comme la création d’une plate-forme obligataire et la volonté de faire traiter au moins 50% des obligations des grandes entreprises à Paris.
Le marché primaire ne sera pas non plus taxé, le droit européen s’y opposant. Une exemption qui ne convainc pas forcément l’industrie financière. «Le primaire suit le secondaire: si une taxe pénalise la liquidité sur le secondaire, les directions financières des entreprises seront tentées d’aller émettre ailleurs», souligne un banquier.
Le gouvernement envisagerait de taxer tous les titres cotés à Paris, plutôt que de retenir le critère de la nationalité de l’émetteur ou du courtier, jugé plus risqué en termes de délocalisation.
Un tel projet, s’il se confirme, pénaliserait donc en priorité les places de cotation, comme Nyse Euronext, ainsi que les sociétés de gestion et les investisseurs finaux. Mais il frappera aussi une activité, les dérivés actions, qui constitue encore l’un des points forts de Paris, en raison de l’expertise des banques françaises dans ce domaine. Enfin, il exposerait les intermédiaires financiers à des obligations de déclarations très lourdes auprès du fisc, puisque les transactions de gré à gré, majoritaires, sont aussi visées par la taxe.
Plus d'articles du même thème
-
L’inflation PCE accélère à son plus haut de trois ans aux Etats-Unis
L’indice PCE des dépenses de consommation des ménages a progressé de 4,1% sur un an en mai et de 3,4% pour l’inflation sous-jacente. Dans les deux cas comme attendu. Les marchés ont peu réagi, potentiellement conscients que la Fed attendra le prochain indice CPI paraissant au mois de juillet pour préciser ses vues sur l’inflation. -
Le gendarme financier britannique sanctionne la filiale locale de Caceis pour défauts de contrôle
Caceis UK devra payer 31,7 millions de livres sterling aux clients d'un gestionnaire de patrimoine aujourd'hui disparu qu'il a laissés s'exposer au risque de délits financiers. -
Les performances du non-coté s’érodent dans un environnement toujours contraint
Selon EY et France Invest, le TRI net à dix ans est tombé de 14,5 % à 10,7 % depuis 2021, tandis que le multiple moyen est passé de 1,66 à 1,48. Malgré ce recul, la classe d’actifs continue de surperformer les marchés cotés.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Casse-tête« On est dans une machine infernale » : le budget 2027 dans la nasse préélectorale
Sans majorité claire, Sébastien Lecornu doit arbitrer entre un recours au 49.3, avec ou sans négociations préalables avec le PS, et une ordonnance controversée pour faire passer le dernier budget avant l'élection présidentielle -
VigieFace à la taxe Zucman, la riposte libérale s'organise
Deux études concluent que la taxe sur les hauts patrimoines présente des incohérences et fragiliserait le tissu économique, enrichissant le débat sur la fiscalité à l’aube de l’élection présidentielle -
Tribune libreMonsieur le Premier ministre, ne sacrifiez pas l’apprentissage !
Dans une lettre ouverte, plusieurs grands acteurs de l'apprentissage demandent à Sébastien Lecornu de revenir sur la réduction drastique des financements de ces formations