La taille des cibles s’est accrue dans les fusions du secteur IT en France
Le 15e baromètre de la société de conseil AP Management, qui analyse les fusions et acquisitions impliquant des sociétés françaises dans les technologies de l’information (IT), témoigne d’une accélération de la reprise de ce marché. Le volume des opérations, exprimé par le montant cumulé de chiffre d’affaires acquis, a bondi de 63% à 1,5 milliard d’euros, tandis que le nombre de transactions a progressé de 5% à 125 opérations.
Il en résulte une hausse de 55% du chiffre d’affaires moyen acquis (12 millions d’euros contre 7,8 millions en 2010), mais avec une grande disparité entre les SSII (15,6 millions) et les éditeurs de logiciels (7 millions). Quatre opérations ont porté sur des cibles réalisant un chiffre d’affaires de plus de 75 millions, contre aucune en 2010. Les rachats d’entreprises de taille moyenne (entre 7,5 et 75 millions de chiffre d’affaires) ont représenté un chiffre d’affaires acquis de 794 millions (+27% par rapport à l’année précédente) réparti sur 37 opérations (contre 26 en 2010).
Si les 42 opérations réalisées par des repreneurs français à l’international reflètent une progression de 50% d’une année sur l’autre, les volumes acquis en 2011 chutent de près de 84% à 783 millions en raison d’une seule transaction de taille significative (reprise par Akka Technologies de MBTech dont le chiffre d’affaires s’élève à 350 millions) contre trois opérations exceptionnelles cumulant 4,5 milliards de chiffre d’affaires en 2010.
La faible intervention des prédateurs d’origine étrangère en France a perduré l’an dernier (13% du nombre d’opérations et 15% du chiffre d’affaires acquis). A côté des acheteurs anglo-saxons qui sont les plus intéressés par les acteurs du logiciel, on trouve «les fonds d’investissement qui font une percée remarquable avec 17 transactions réalisées contre 6 en 2010 et un quadruplement du chiffre d’affaires acquis à 409 millions d’euros», souligne Pierre-Yves Dargaud, président d’AP Management. Le segment du capital-transmission a représenté l’an dernier 27% des volumes contre 11% en 2010.
La capacité du secteur à autofinancer une part grandissante de ses acquisitions devrait permettre de compenser les effets négatifs liés au ralentissement attendu du secteur IT dans l’Hexagone, le syndicat professionnel Synthec Numérique ayant confirmé hier une croissance de l’activité de 1,2% cette année après 3,6% en 2011.
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