La succession de Pierre Mariani parasite le dossier Dexia
A quelques jours de l’issue de la présidentielle française, la classe politique belge agite le chiffon rouge sur le dossier Dexia. Après les rumeurs de recapitalisation urgente, nuancées par le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, la succession du Français Pierre Mariani fait polémique. Selon les médias belges, l’administrateur délégué de Dexia, patron opérationnel du groupe, laisserait prochainement la place à Karel De Boeck, ancien directeur général de Fortis. Lors du conseil de mardi prochain, ce dernier pourrait être élu administrateur en remplacement du député-bourgmestre de Waterloo, Serge Kubla, parti en février. Il prendrait les rênes de la banque dans un deuxième temps.
Pierre Mariani a affirmé hier à Reuters qu’«aucune décision relative au remplacement de l’administrateur délégué et du président du conseil d’administration (le Belge Jean-Luc Dehaene, ndlr) n’a été prise à ce jour». «A titre personnel, je fais toute confiance à Pierre Mariani, a déclaré Michel Bouvard, président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts (CDC), premier actionnaire de Dexia. Quand vous êtes dans la gestion d’un dossier complexe […] il vaut mieux que celui qui a commencé à gérer le dossier en termine la gestion ». Le départ de ce patron proche de Nicolas Sarkozy était de toute façon acté, a priori pour cet été, rappellent plusieurs sources dans l’entourage de la banque.
Son indemnisation fait aussi débat. Pierre Mariani assure n’avoir «formulé aucun demande aux Etats belge et français quant aux conditions de son départ éventuel » en réponse à la presse belge qui évoque une prime de 1,2 million d’euros, prévue dans son contrat qui n’expire qu’en 2013. «Certes, il faut en discuter avec les autorités françaises, aussi actionnaires. Mais ma position est claire: pas de parachute doré !», a réagi sur Twitter le Premier ministre belge Elio Di Rupo.
Les jeux de pouvoir laissent en suspens le sort du Dexia résiduel lié à l’approbation, par la Commission européenne, des garanties publiques permettant de refinancer son gigantesque bilan de 413 milliards d’euros (à fin 2011).
Les cessions de DenizBank et de Dexia AM se font également attendre. En France, après les âpres discussions entre la banque, l’Etat français, la CDC et La Banque Postale, le démantèlement de Dexia Crédit Local semble au point mort selon plusieurs sources proches du dossier.
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