La Société Générale perce dans le conseil en fusions et acquisitions en France
Jouer les premiers rôles dans le conseil en fusions et acquisitions, beaucoup en rêvent mais peu y réussissent. En annonçant début 2009 ses ambitions dans ce métier, la Société Générale pouvait susciter les réserves. «La culture du M&A ne se décrète pas», glisse un concurrent. Dix-huit mois plus tard, la percée est indéniable, du moins sur le marché domestique.
La banque vient ainsi de décrocher le prix du Conseil M&A de l’année pour la France attribué par le mensuel Acquisitions monthly (Thomson Reuters). Elle devrait ainsi se situer cette année au deuxième rang des conseils dans l’Hexagone pour les opérations annoncées, derrière BNP Paribas. Depuis mai 2009, elle a recruté 25 banquiers conseils pour le suivi des clients et une quinzaine de managing directors et responsables pays pour les fusions et acquisitions (L’Agefi Hebdo du 9 décembre).
«La Société Générale était déjà et reste en pointe sur les métiers du financement et des marchés. Elle l’est désormais également sur le M&A, tant du point de vue sectoriel que géographique», affirme Thierry d’Argent, patron mondial des fusions et acquisitions chez SG CIB. La banque a participé aux opérations marquantes de l’année impliquant une partie française: aux côtés d’Accor pour la scission d’Edenred, de GDF Suez pour son offre sur International Power, de Sanofi pour l’OPA toujours en cours sur le laboratoire Genzyme. Elle a aussi épaulé la Caisse des dépôts début 2010 pour le rapprochement de Transdev et du pôle transport de Veolia, une opération qui devrait être bouclée début 2011.
Plusieurs facteurs ont joué, à commencer par le soutien de Frédéric Oudéa, PDG du groupe. «Les banques de financement et d’investissement tournées vers le client sont aujourd’hui avantagées par rapport aux maisons ayant un modèle très transactionnel, explique aussi Thierry d’Argent. La stratégie de la Société Générale d'être la banque relationnelle de ses clients, ce qu’elle a démontré à travers le cycle, est renforcée par notre compétence désormais établie en M&A; nos clients le reconnaissent en nous confiant des mandats stratégiques».
La banque rattrape pour l’instant son retard en M&A sur son portefeuille de clients. Reste à en conquérir de nouveaux, et à progresser à l’international. SG CIB a surtout été active cette année en Espagne (Telefonica/Vivo, fusions de caisses d’épargne) et en Allemagne (DB/Postbank).
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