La société d’investissement Gimv passe à la vitesse supérieure en France

Le groupe flamand a investi l’an dernier 65 millions d’euros dans la reprise de trois sociétés françaises. L’Hexagone est son deuxième marché
Amélie Laurin

Pour son exercice comptable 2013-2014, clos fin mars, le flamand Gimv a presque quadruplé ses investissements dans des entreprises françaises non cotées. «En un an, nous avons déployé 65 millions d’euros sur le marché français: 45 millions en fonds propres et 20 millions via notre fonds ‘health and care’», déclare Frank De Leenheer, responsable des relations investisseurs de la société de capital-investissement.

Au total, le groupe a injecté l’an dernier 265 millions d’euros dans des sociétés européennes, dont 195 millions de ressources internes. Soit un rebond marqué par rapport aux 110 millions de fonds propres mis au travail en 2012-2013, contre 172 millions un an plus tôt.

En France, Gimv a bouclé trois nouvelles prises de participations dans les cliniques Almaviva Santé, le groupe de lingerie Wolf et le tour-opérateur en ligne Marco et Vasco (ex-Planetveo). En revanche, le groupe a consacré des montants marginaux au développement des sociétés tricolores déjà en portefeuille. Sa participation Ebuzzing a tout de même fusionné avec une autre start-up et le soldeur en ligne Private Outlet a acheté son concurrent BrandAlley. Gimv conserve également ses 8,6% de McPhy Energy à l’issue de la récente introduction à la Bourse de Paris de ce spécialiste de l’hydrogène. En l’absence de cessions sur le marché français, le groupe y totalise désormais 200 millions d’euros d’actifs, sur un total de bilan de 931 millions, hors trésorerie. «La France est le deuxième pays de notre portefeuille et pèse désormais près de la moitié de la Belgique (440 millions)», indique le responsable de Gimv.

La reprise d’une politique active d’investissements a largement entamé la trésorerie du groupe, malgré les plus-values tirées de plusieurs ventes de participations. Les ressources disponibles ont fondu de 182 millions à 56 millions en 12 mois. «Nous disposons aussi de 380 millions d’euros dans nos fonds de co-investissement, souscrits par des investisseurs tiers et nous n’avons aucune dette, souligne Frank De Leenheer. Mais il est possible que nous fassions un peu moins de nouvelles opérations qu’au cours de ces 18 derniers mois».

Redevenu bénéficiaire en 2012-2013, Gimv a réalisé un résultat net de 15 millions d’euros l’an dernier, en baisse de 54% sur un an en raison de l’impact négatif de 18,5 millions d’Electrawinds, énergéticien flamand repris à la barre du tribunal de commerce par une société intercommunale.

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