La situation s’améliore à court terme pour les LBO
Le maintien des taux d’intérêt à un niveau faible, le redémarrage de certains secteurs de l’économie et les politiques de réduction des coûts ont globalement profité aux sociétés endettées par LBO (leveraged buy-out, acquisition à effet de levier). C’est ce qui ressort de la dernière étude de Fitch Ratings réalisée à partir de 278 entreprises européennes, qui ont dans l’ensemble «affiché un niveau de remboursement soutenu», écrivent les analystes de l’agence de notation.
En outre, la trésorerie des entreprises devrait leur permettre de continuer à suivre cette tendance à moyen terme. «Le niveau de trésorerie, les lignes de crédit renouvelables non tirées et un niveau substantiel de cash flow libre, face à des échéances d’amortissement encore faibles dans les quelques années à venir, laissent à penser que même les emprunteurs les plus fragiles disposent de liquidités suffisantes pour faire face à leurs obligations au moins jusqu’aux échéances de 2013».
Concrètement, la qualité de crédit du portefeuille de LBO surveillé par Fitch s’est améliorée en 2010. Le rapport entre les dégradations et les relèvements de notes a considérablement reculé aux deuxième et troisième trimestres: il atteint respectivement 0,7 et 1,5 contre 8 et 20 aux mêmes périodes en 2009. La proportion de sociétés notées B- ou en dessous a également reculé au troisième trimestre pour la première fois depuis le début de la crise de la dette en 2007. L’amélioration est moins notable concernant les LBO en défaut de paiement. En nombre, le taux à 12 mois atteint 6,4% en septembre contre 6,5% en mars 2010. En montant, il passe de 5,7% à 5%.
Malgré tout, prévient l’agence de notation, les niveaux d’endettement restent dans l’ensemble importants. Par conséquent, la situation actuelle ne devrait pas durer et la scission entre les débiteurs solides et les menacés pourrait s’accentuer. «Les niveaux d’endettement restent importants et beaucoup d’emprunteurs pourraient avoir trop réduit les coûts au détriment de la croissance future», souligne Fitch. Les sociétés plus petites devraient être surreprésentées dans ce groupe: «les crédits les moins bien notés correspondent aux sociétés ayant les leviers les plus importants, la capacité la plus faible à servir leur dette, ainsi que des chiffre d’affaires et des Ebitda moins élevés.» La logique est respectée.
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