La sanction de Barclays porte un coup dur à la fixation du cours de l’or
Son montant n’est pas considérable, mais la dernière amende infligée à Barclays porte un coup dur à sa politique «mains propres». Le régulateur britannique, la Financial Conduct Authority (FCA), a condamné vendredi la banque à verser 26 millions de livres (32 millions d’euros) pour manipulation du cours de l’or. Un montant réduit de 11 millions en raison de la collaboration de l’établissement.
Les faits incriminés remontent au 28 juin 2012. Ce jour-là, l’un de ses traders (désormais interdit d’exercer et condamné à 95.600 livres d’amende) n’a pas hésité à orienter le prix du métal jaune pour éviter de payer 3,9 millions de dollars à un client. La veille pourtant, Barclays était devenue la première banque condamnée pour avoir manipulé le Libor, le taux interbancaire britannique. Un scandale qui a coûté son poste à Bob Diamond, son emblématique patron. Dans la foulée, le groupe s’est engagé à changer de culture et à revoir ses procédures de contrôle. Dans le cas de l’or, la FCA reproche à la banque d’avoir «échoué à régler de façon adéquate les conflits d’intérêts avec ses clients» sur une période très large, courant de «2004 à 2013».
Des accusations d’autant plus graves que Barclays est l’une des quatre banques chargées de fixer, deux fois par jour à Londres, le prix mondial de l’or utilisé par les mines, les joaillers et les banques centrales. La Société Générale, HSBC et la canadienne Bank of Nova Scotia constituent le reste du panel, déserté récemment par Deutsche Bank qui quitte aussi celui de l’argent. Les autres banques ayant également jeté l’éponge, le fixing du métal gris cessera cet été et une consultation est en cours pour trouver une solution de remplacement. Plusieurs traders de Deutsche Bank ont été interrogés par la BaFin, le régulateur allemand menant une enquête préliminaire sur de possibles manipulations du cours de l’or et de l’argent, comme la Commodity Futures Trading Commission aux Etats-Unis.
Dans ce contexte de suspicion, l’avenir du secteur des indices reste en suspens, alors que les investigations se poursuivent aussi sur le Libor et l’Euribor. Dans ce dernier dossier, le Crédit Agricole fait partie des trois nouvelles banques accusées formellement la semaine dernière par la Commission européenne.
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