La reine des matières premières va quitter JPMorgan
Une page se tourne chez JPMorgan. Après 27 ans passés à développer l’activité de la banque de Wall Street dans les matières premières (commodities), Blythe Masters va prendre du recul. Britannique âgée de 45 ans, elle «nous a fait part de son intention de quitter la firme, de prendre un peu de repos bien mérité et d'étudier de futures opportunités», indique un mémo adressé aux employés de l'établissement par le PDG Jamie Dimon et le responsable de la banque d’investissement, Daniel Pinto.
Ce départ ne se fera toutefois que dans quelques mois, le temps pour Blythe Masters d’accompagner la cession de l’activité de courtage physique de matières premières de JPMorgan à la maison de négoce genevoise Mercuria. Une opération d’une valeur de 3,5 milliards de dollars officialisée courant mars. JPMorgan va toutefois continuer à opérer dans le domaine des commodities en proposant du financement ou de la tenue de marché. D’après le mémo, un nouveau responsable sera nommé prochainement pour les activités restantes.
Arrivée en tant que stagiaire chez JPMorgan, Blythe Masters a rapidement gravi les échelons. Affectée au desk matières premières en 1991, après un diplôme de sciences économiques obtenu à l’université de Cambridge, elle rejoint ensuite le desk dérivés. C’est dans ce cadre qu’elle contribuera à la structuration de plusieurs produits, parmi lesquels figure le credit default swap (CDS). Poursuivant son ascension, Blythe Masters occupe ensuite pendant plusieurs années la direction financière de la banque d’investissement, avant de prendre la tête du desk commodities en 2006.
Sous sa houlette, la division change de dimension. En mars 2008, l’acquisition de Bear Stearns lui donne une forte présence sur les marchés physiques de l'énergie. Cette évolution se confirme avec le rachat d’une partie des activités matières premières d’UBS puis, surtout, avec l’acquisition de RBS Sempra en 2010. A cette époque, Blythe Masters confiait à ses employés que Goldman Sachs et Morgan Stanley devraient être «effrayés» par la position de JPMorgan dans les matières premières.
Mais l'étoile de Blythe Masters a quelque peu été ternie au cours des dernières années. Même si elle n’a pas été nommément mise en cause, c’est sous sa direction que la banque a été dans le collimateur du régulateur de l'énergie. En 2013, JPMorgan a versé 410 millions de dollars pour mettre fin à des soupçons de manipulation du marché de l'électricité en Californie.
Plus d'articles du même thème
-
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024. -
Les dettes bancaires subordonnées voient leurs émissions ralentir
Leurs performances moyennes calent également, mais restent meilleures que celles des autres segments du crédit, au moins pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). -
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Dura lex, capexAnthropic se met à nu pour séduire Wall Street
L'éditeur de Claude espère lever cent milliards de dollars pour financer ses investissements technologiques titanesques -
RepeuplementItalie : le grand écart migratoire de Giorgia Meloni
Le gouvernement italien a multiplié les quotas de travailleurs étrangers pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et freiner la baisse démographique. La bureaucratie empêche encore une grande partie des entrées programmées de se concrétiser -
SuccessionJournal d'une succession : trou d’air, second souffle et bouquet final
Chaque jour, l’Opinion raconte les coulisses de la campagne présidentielle la plus dangereuse de la Ve République. Âmes sensibles s’abstenir. Dans l’épisode précédent : Alors qu’aucun candidat ne parvient à s’imposer au sein du bloc central, François Hollande et Xavier Bertrand préparent leur candidature.