La réforme du financement participatif passe en Conseil des ministres
Le crowdfunding s’invite à l’Elysée. C’est ce matin que le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg présentera lors du Conseil des ministres l’ordonnance relative au financement participatif. Le texte, fruit d’une large concertation avec la profession, prévoit un assouplissement du cadre réglementaire. Il sera complété par des décrets d’application en juillet.
Les grandes lignes de la réforme sont connues : création de deux statuts pour les plates-formes (prêt et investissement en capital), labellisation, possibilité pour un émetteur de lever jusqu'à un million d’euros sans prospectus... Mais au cours des dernières semaines, le projet d’ordonnance a connu quelques ajustements.
Pour l’investissement en capital (crowdequity), l’article 10 a disparu. Celui-ci portait sur la possibilité donnée à l’AMF d’interpeller un émetteur pour non-respect des règles de protection de l’investisseur. Si les plates-formes restent bien entendu sanctionnables, cette «faille» devrait être réparée à l’occasion d’une révision plus générale du périmètre d’intervention de la Commission des sanctions afin de prendre en compte les émetteurs non cotés, a appris L’Agefi.
En ce qui concerne les prêts, les intérêts seront limités aux taux d’usures légaux et leurs conditions seront formalisées dans un contrat type. En outre, les prêts non rémunérés seront soumis aux mêmes plafonds que les prêts onéreux (1 million d’euros par prêt et 1.000 euros par internaute). Si les plates-formes accueillent favorablement cette évolution de la réglementation française, elles se projettent déjà au niveau européen. Alors que la Commission met en place un forum européen du financement participatif composé d’experts, les acteurs entendent eux aussi s’impliquer dans le processus.
Une trentaine de plates-formes de crowdequity se sont ainsi réunies vendredi dernier à Paris. «Nous constatons des disparités nationales incohérentes et improductives, tout particulièrement dans le domaine de la réglementation financière, qui empêchent l’émergence de plates-formes européennes. Il est indispensable d’avoir un cadre européen uniformisé», explique Benoît Bazzocchi, président de SmartAngels.fr et de l’Association française de l’investissement participatif (Afip). Résolus à défendre les spécificités de leur métier auprès de Bruxelles, ces professionnels lanceront dans les prochaines semaines l’association européenne de l’equity crowdfunding.
Plus d'articles du même thème
-
La dynamique du crédit en zone euro reste mollement positive
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises est ressortie stable en septembre malgré une baisse des flux nets mensuels, notamment sur les prêts longs supérieurs à 5 ans. -
Advent pulvérise son record de levées de fonds
En moins d’un an, la société d’investissement a réuni près de 27 milliards de dollars pour son dernier fonds flagship dédié au large cap. Elle a également collecté près de 3 milliards pour un premier véhicule consacré au midcap. -
La dette publique fragilise l'État mais pas l'ensemble des entreprises françaises
La dette publique française se dégrade. Faut-il en conclure que toutes les entreprises françaises seront également et durablement pénalisées sur les marchés ? Ce serait une erreur.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
Contenu de nos partenaires
-
Inflation, chômage, pouvoir d'achat : le moral des Français au plus bas depuis treize ans
L’Insee a publié une enquête ce mardi et alerte du décrochage de la confiance des Français sur la situation économique de la France -
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées -
Après 100 jours au pouvoir, quel bilan pour Andy Burnham ?
Trois mois après son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a su rassembler les travaillistes et éviter de commettre des erreurs majeures. Mais il doit encore concrétiser ses ambitions