La réforme britannique du financement participatif suscite des critiques
Deux semaines après la France, le Royaume-Uni a présenté en fin de semaine dernière son projet de réglementation du financement participatif (crowdfunding). Si le gouvernement français fait preuve d’une grande souplesse, en autorisant tout particulier à investir au capital d’une start-up, le régulateur britannique se montre beaucoup moins conciliant.
Au terme d’une consultation de plusieurs mois, la Financial Conduct Authority (FCA) a tranché. Les particuliers qui ne pourront pas justifier d’un lien avec la finance ou d’un patrimoine conséquent devront s’engager à ne pas consacrer à l’investissement en capital (crowdequity) plus de 10% de leurs actifs nets disponibles (hors résidence principale, pensions de retraite, etc...) par an.
Ce dernier amendement a mis le feu aux poudres. Récemment, «le régulateur français a ouvert les portes à sa population adulte en lui permettant d’investir dans le ‘crowdequity’ comme bon lui semble. Aujourd’hui, le régulateur britannique a sorti la foule du financement participatif en mettant en place des règles sur précisément ce qui pourrait permettre d'être un investisseur», se désole le gérant Stephen Hazell-Smith, qui a participé à la création d’AIM, le marché boursier britannique pour les PME. «Comme il est absurde de voir les Français nous battre dans un secteur où nous avons une infrastructure en place nous permettant d'être le leader mondial ! », enrage-t-il. Le Royaume-Uni est à ce jour, et de loin, le chef de file du crowdfunding en Europe. La collecte, tous canaux confondus (prêt, capital, don) a dépassé 1,1 milliard d’euros l’an dernier, contre environ 78 millions dans l’Hexagone.
Alors que la réglementation doit entrer en vigueur le 1er avril prochain, la FCA défend une position de compromis, soulignant la nécessité d’une «clarté» et d’une «protection supplémentaire» pour les consommateurs. Une exigence qui s’appliquera aussi au domaine du prêt. Des professionnels soutiennent d’ailleurs ce nouveau cadre. Cette règle des 10% «garantit que le crowdfunding reste accessible à tous types d’investisseurs et, dans l’ensemble, nous pensons que cette approche respecte un bon équilibre entre la protection des consommateurs et un accès aux opportunités d’investissement», se félicite Ayan Mitra, directeur général de CrowdBnk, une plate-forme de crowdequity.
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