La récolte des bonus réserve son lot de bonnes surprises aux Etats-Unis
A chaque fin d’année, les opérateurs de marché de Wall Street s’attendent aussi à avoir leur petit cadeau. Cette année, la récolte globale des bonus pourrait être intéressante grâce à une saison de résultats des établissements financiers bien meilleure que prévu. C’est ce que révèle un rapport du contrôleur de l’Etat de New-York, Tom DiNapoli.
Alors que la croissance globale de l’économie reste tout juste à son niveau potentiel, les établissements financiers, à l’origine de la crise, se remettent plus vite que le reste de l’économie. Le rapport de Tom DiNapoli estime en effet que l’industrie financière pourrait engranger sa deuxième meilleure moisson de résultats cette année. Sur les trois premiers trimestres écoulés, Wall Street a déjà réussi à dégager 21,4 milliards de dollars de profits, alors qu’il y a un mois, le même Tom DiNapoli les estimait à 19 milliards pour l’ensemble de l’année 2010. «Même si les profits du secteur seront bien inférieurs à ceux gigantesques atteints en 2009, ils atteindront leur deuxième meilleure performance jamais réalisée» indique le rapport. En effet, le montant total des résultats de la place en 2009 s’était monté à un niveau record de 61,4 milliards de dollars, mais peu significatif dans la mesure où il a été artificiellement gonflé par le plan de soutien du Trésor américain.
Une telle manne aiguise les appétits des opérateurs en termes de bonus. Si le niveau global des rémunérations variables devrait être de 5% à 10% inférieur à celui de l’an dernier, le rapport précise que «le niveau moyen pourrait être finalement supérieur dans la mesure où le montant total sera distribué entre nettement moins de salariés».
Ces niveaux devraient en outre être complétés par le versement des bonus différés. Ainsi, selon des informations Bloomberg, les cadres dirigeants de Goldman Sachs devraient percevoir 111,3 millions de dollars en actions au titre de leur bonus différé de 2007 à 2009. Dans le détail, le directeur général, Lloyd Blankfein, touchera environ 24,3 millions de dollars au mois de janvier, en se basant sur le cours de clôture de l’action de mardi. Le président de la banque, Gary D. Cohn, devrait lui toucher une somme quasi identique. Il s’agit d’une petite partie du bonus qui leur avait été attribué en 2007 de respectivement 67,9 et 66,9 millions de dollars, reflétant une chute de l’action de la banque de 24%.
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