La prime de risque sur l’immobilier de bureaux parisien continue de grimper
La chute du taux sans risque permet de compenser le tassement des taux de rendement alors que le Brexit devrait soutenir l’investissement.
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Bastien Bouchaud
L’attractivité de Paris devrait soutenir les volumes d’investissement et la valorisation des meilleurs actifs.
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Le marché de l’immobilier de bureaux parisien reste attrayant malgré le tassement des taux de rendements prime, passés pour le quartier central des affaires (QCA) à 3,10% au premier trimestre 2016, d’après les chiffres publiés hier par le Crédit Foncier. La diminution continue de ce taux depuis 2009, où il se situait à 5,5%, s’est accompagnée d’une chute du taux de rendement «sans risque», celui de l’OAT à 10 ans, passé sur la même période de 3,65% à 0,65%. La prime de risque pour l’immobilier s’est donc élargie à 245 points de base (pb) au premier trimestre et a de nouveau progressé ces derniers jours, le Brexit ayant entraîné l’OAT 10 ans sous les 0,3%.
Pour autant, l’investissement a marqué le pas sur les trois premiers mois de l’année, avec 2,9 milliards d’euros engagés sur la période, contre 25,4 milliards sur l’année 2015. Pas d’inquiétude à avoir, assure le Crédit Foncier, qui prédit un rebond des investissements en cours d’année pour atteindre 25 milliards d’euros en 2016. «L’appétit des investisseurs se confirme, explique Bruno Deletré, directeur général de la banque, et il est probable que le Brexit soutienne l’intérêt des investisseurs internationaux». En effet, précise-t-il, «Paris et Londres sont les deux grands marchés tertiaires en Europe, alors que le marché allemand est plus fragmenté».
L’attractivité de la capitale devrait donc soutenir les volumes d’investissement et la valorisation des meilleurs actifs. Le taux de rendement prime devrait ainsi passer en dessous de 3% durant l’année. Le Crédit Foncier note que la hausse des investissements a également touché les régions en 2014 et 2015, «la saturation du marché francilien entraîne des reports vers les marchés des régions», avance Bruno Deletré.
Le marché locatif s’affiche en progression au premier trimestre, avec près de 500.000 m² placés, en ligne avec des prévisions de 2,3 millions de m² sur l’année. Si les loyers faciaux enregistrent une légère hausse, les mesures d’accompagnement se généralisent et peuvent atteindre 30% du loyer dans le croissant Ouest. Les chiffres de la construction, publiés hier par le ministère de l’Environnement, viennent confirmer le dynamisme du marché. Entre mars et fin mai 2016, le nombre de mètres carrés autorisés à la construction a augmenté de 35% pour les bureaux, en hausse de 14% sur un an.
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