La poursuite de la croissance de Lending Club passera par la Bourse
Huit ans après sa création à San Francisco, la plate-forme de prêts entre particuliers (peer-to-peer) s’apprête à recevoir la reconnaissance de la Bourse. La société fondée par le Français Renaud Laplanche a déposé hier son formulaire S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission, l’autorité américaine en charge des marchés boursiers. Dans son prospectus, Lending Club indique viser un objectif préliminaire de 500 millions de dollars, même si cet élément est généralement un paramètre fictif permettant de calculer les frais d’introduction. L’opération est pilotée par un groupement de huit banques comprenant notamment Morgan Stanley, Citigroup et Goldman Sachs.
Profitant à la fois de l’essor de la finance participative et de la recherche par les emprunteurs de sources de financement moins coûteuses que les banques, Lending Club connaît une croissance soutenue de ses activités. Selon le document, la plate-forme a permis le financement au 30 juin de plus de 5 milliards de dollars de prêts depuis sa création, ainsi que le versement de près de 494 millions de dollars d’intérêts aux investisseurs. Sur le seul deuxième trimestre, le volume a dépassé le milliard de dollars. En comparaison, son homologue français Prêt d’Union a permis l’octroi de plus de 80 millions d’euros de crédits depuis son lancement en 2011. Sur le plan des revenus, le chiffre d’affaires de Lending Club a plus que doublé au premier semestre sur un an, à 87,3 millions de dollars. Sous le poids des investissements et des dépenses d’exploitation, la perte nette a atteint 16,5 millions de dollars sur les six premiers mois de l’année, contre un bénéfice de 1,74 million de dollars un an plus tôt.
Signe du potentiel que recèle la société, Lending Club a réussi à attirer à son conseil d’administration l’ancien patron de Morgan Stanley, John Mack, nommé il y a deux ans, ainsi que la «reine de l’internet», Mary Meeker (associée de Kleiner Perkins Caufield & Byers et ancienne analyste de Morgan Stanley), et l’ex-secrétaire au Trésor, Lawrence Summers. La valorisation de Lending Club est d’ailleurs montée en flèche au fil de son développement. Selon Bloomberg, elle atteignait presque 3,8 milliards de dollars en avril dernier, en hausse de 63% par rapport à novembre 2013.
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