La peur du Brexit explique le statu quo de la Fed en juin
La probabilité d’une hausse des taux d’ici à fin 2016 est tombée à 12% sur les marchés à terme après la publication des dernières «minutes» de la Réserve fédérale.
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Yves-Marc Le Réour
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La banque centrale américaine a été bien avisée de rester attentiste le mois dernier. Lors de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) les 14 et 15 juin, les responsables de la Réserve fédérale ont en effet décidé de ne pas relever les taux d’intérêt en l’absence d’une vision claire des conséquences du référendum britannique sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne (UE), montre le compte-rendu de leurs débats, publié hier soir.
Cette opinion, exprimée huit jours avant le résultat du vote britannique en faveur d’une sortie de l’UE, reflète le malaise généralisé des responsables monétaires américains. «Les membres ont généralement convenu qu’avant de faire un nouveau pas vers une normalisation monétaire, il était prudent d’attendre de nouvelles données sur les conséquences du vote britannique», indiquent les «minutes» de cette réunion.
Autre motif : l’emploi américain
Les responsables de la Fed ont aussi évoqué le ralentissement des embauches de la part des entreprises américaines pour expliquer ce statu quo. Si plusieurs participants ont souligné que le faible chiffre des créations d’emplois en mai avait été biaisé par des facteurs transitoires comme une grève dans le secteur des télécoms, certains ont estimé que ce moindre dynamisme «pouvait être le signe d’un ralentissement plus large de l’activité». La statistique de juin sera connue demain.
Avant le référendum britannique, la Fed avait signalé que deux hausses de taux seraient nécessaires pour prévenir une surchauffe de l'économie américaine. Depuis lors, le président de la Fed de New York, William Dudley, et le gouverneur de la Réserve fédérale, Daniel Tarullo, ont tous deux fait état de l’incertitude déclenchée par ce vote pour justifier leur recommandation de prudence. La présidente de la Fed, Janet Yellen, ne s’est pas exprimée depuis le 23 juin.
Après la publication de ces «minutes», les contrats à terme suggèrent que les traders estiment désormais à seulement 12% l’éventualité d’un relèvement des taux d’ici à fin décembre, la probabilité d’une hausse lors de la prochaine réunion des 26 et 27 juillet étant nulle. Après avoir atteint dans la journée un plus bas historique à 1,318%, le rendement des Treasuries à dix ans est légèrement remonté hier soir à 1,3716%. A contre-tendance des marchés européens, la Bourse de New York a terminé dans le vert, l’indice S&P 500 gagnant 0,54% à 2.099,73 points.
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