La perte des garanties publiques dégrade le profil boursier de Coface
Les actionnaires de Coface font grise mine. L’annonce, le 29 juillet, du transfert à Bpifrance de l’activité historique de la gestion des garanties publiques à l’export a fait plonger l’action de l’assureur crédit de 21% le lendemain, avant une nouvelle baisse de 1,75% vendredi. A 8,98 euros, le titre Coface traite 14% sous son prix d’introduction en Bourse, de 10,40 euros, le 26 juin 2014.
Dans le document de base relatif à son IPO et déposé en mai 2014, l’assureur-crédit avait certes prévenu ses futurs actionnaires. «Il ne peut y avoir de garantie quant au maintien du système actuel de gestion des procédures publiques, notamment quant au fait que l’Etat continuera de recourir aux services» de Coface, indiquait-il dans un chapitre consacré aux «risques liés aux relations avec l’Etat français».
La gestion des procédures publiques n’a représenté en 2014 que 4% des revenus du groupe, soit 63 millions d’euros, mais Coface y perd 11,7 millions de marge et 1,4 point de rentabilité. L’assureur crédit, qui n’a pas précisé combien de ses salariés rejoindront Bpifrance, estime à 20 millions les coûts fixes liés à des «dis-synergies»: locaux vides, collaborateurs qui ne se consacraient pas à plein temps aux garanties publiques… Le transfert de l’activité le force aussi à des écritures comptables, comme l’amortissement accéléré de logiciels, d’un montant de 17,3 millions avant impôt. Le prix net de 77,3 millions perçu en dédommagement du transfert servira à financer un plan d’économies.
A court terme, le plongeon boursier de Coface complique le calendrier de désengagement de Natixis. Ce dernier détient encore 41,2% du capital et le prix de revient de ses titres tournerait autour de 10 euros, selon Credit Suisse. «La cession de la participation de la Coface sera sans doute plus difficile d’où une distribution aux actionnaires d’environ 300 millions d’euros retardée», estiment les analystes de CM-CIC Securities.
A plus longue échéance, ceux de JPMorgan y voient un effet positif. «Une fois promulguée la loi transférant la gestion des garanties publiques, Coface aura davantage de flexibilité pour participer à une éventuelle consolidation du secteur», notent-ils. Du fait de ses liens avec l’Etat, le groupe doit aujourd’hui composer avec la présence d’un commissaire du gouvernement à son conseil, et toute prise de participation à son capital supérieure à 10% est soumise au feu vert de Bercy.
Plus d'articles du même thème
-
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Clap de fin pour plusieurs plateformes historiques d'échange crypto
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : plusieurs ambassades américaines appellent leurs ressortissants à « envisager de quitter » la région
Les représentations américaines en Jordanie, en Israël et en Irak ont demandé samedi à leurs ressortissants de se préparer à quitter la région en cas d'escalade. L'avertissement intervient alors que Donald Trump menace de frapper l'Iran « très fort » et que de nouvelles attaques touchent le Koweït et le détroit d'Ormuz -
Perte sècheA cause des effets des canicules sur le Rhin et le Danube, le prix du transport fluvial explose en Allemagne
Les longues barges transportant des matières premières doivent réduire drastiquement leur chargement pour pouvoir circuler dans de faibles niveaux d'eau. -
Après l’afflux record de migrants à Ceuta, l’Europe s’alarme et se déchire
L’arrivée de quelque 60 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta a provoqué une crise politique à l’échelle européenne. L’Italie, la Finlande et le Danemark réclament un durcissement des mesures contre l’Espagne, tandis que la France, l’Allemagne et Bruxelles privilégient le soutien à Madrid et le renforcement des frontières extérieures