La part du crédit chez les Français est au plus bas depuis 27 ans
Les effets de la crise et la persistance d’un environnement économique dégradé continuent à peser sur le comportement des ménages français face au crédit. Selon le 27e rapport annuel de l’Observatoire des crédits aux ménages (OCM) réalisé à partir d’une enquête de TNS-Sofres auprès de 10.000 d’entre eux, le taux global de détention des crédits a chuté à 46,5 % fin 2014, contre 47,6 % fin 2013, et 52,6 %, presque un plus haut, en 2008.
«C’est le taux le plus bas depuis la création de l’observatoire en 1989 et depuis six ans, 1,7 million de ménages sont sortis du marché des crédits», commente Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris Ouest et auteur de l’étude, qu’il présentait jeudi au siège de la Fédération bancaire française. Quelque 13,2 millions de ménages détenaient un crédit en 2014.
Le paquebot que représente le crédit immobilier reste plus stable que le crédit à la consommation. Le taux de détention des crédits immobiliers a connu un recul modéré l’année dernière, passant de 31% en 2013 à 30,6% en 2014. Il bouge peu même si certaines dispositions de la loi Alur auraient fragilisé début 2014 une timide reprise, malgré des taux historiquement bas. L’horizon se serait cependant un peu dégagé depuis l’automne.
Navette plus rapide, le crédit à la consommation fluctue davantage. L’OCM constate toutefois «une nouvelle baisse du recours au crédit à la consommation» en 2014, avec 25,6 % des ménages qui en détenaient en fin d’année. C’est un point de moins qu’en 2013 et le taux le plus bas depuis 1989. Ce ratio était de 33,8% en 2008. La baisse serait liée à la conjoncture économique peu propice et aux mesures législatives, la loi Lagarde de 2010 sur le crédit renouvelable puis la loi Hamon en 2014. La part des crédits revolving est cependant en baisse depuis vingt ans et ce marché perdrait 10 milliards d’euros de production par an aujourd’hui.
Les intentions de souscrire un crédit dans les six premiers mois de 2015 sont également en baisse et avoisinent les niveaux bas de 2011-2012, après une légère embellie en 2014. 4,2% des ménages envisageaient en décembre de souscrire un crédit immobilier prochainement. Il semble toutefois que le ciel s’éclaircisse à nouveau car les chiffres de l’Insee pour janvier montrent une bonne tenue de la demande de crédits immobiliers en ce début d’année.
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