La nouvelle banque des collectivités veut lever 3 à 5 milliards en 2013
Mise sur les rails le 23 janvier par le ministre de l’économie Pierre Moscovici, la Société de financement local (SFIL) a dévoilé hier son mode de fonctionnement. La nouvelle banque publique détenue par l’Etat, la Caisse des dépôts et La Banque Postale se définit comme un «prestataire de services »: pour la future coentreprise CDC-LBP qui sera chargée de la politique commerciale envers les collectivités et les hôpitaux; pour LBP qui portera les prêts sur son bilan avant de les céder à la SFIL; et pour sa propre filiale, l’ex-Dexia Municipal Agency (DMA). Devenue la semaine dernière la Caisse française de financement local (CFFL), elle refinancera sur les marchés les prêts cédés par LBP.
«Notre objectif est de faire des émissions au deuxième trimestre», annonce Philippe Mills, PDG de la SFIL et ancien patron de l’Agence France Trésor. Cette année, il prévoit de lever «entre 3 et 5 milliards d’euros» puis «environ 5 milliards par an», soit l’équivalent de la future production de prêts à long terme de LBP (les lignes de trésorerie restant sur le bilan de LBP). Philippe Mills espère une note AAA pour les obligations foncières émises par la CFFL mais ne préjuge pas de ses conditions de financement. Avant la chute de Dexia, «DMA empruntait entre 10 et 20 points de base au-dessus de l’OAT», rappelle Philippe Mills. De son côté, la SFIL est déjà notée AA+ par Standard & Poor’s (comme l’Etat français) et par Fitch, et Aa2 chez Moody’s, avec une perspective négative.
La SFIL a hérité des quelque 80 milliards d’euros de bilan de DMA, dont 65 milliards de prêts aux collectivités. Ces actifs sont assurés par environ 55 milliards d’obligations foncières. La différence est couverte par une ligne de liquidité de 12,5 milliards d’euros apportée par la CDC. Elle devrait passer à 10 milliards cette année (dont 0,3 milliard d’euros assurés par LBP) et à 8,4 milliards en 2017. Parallèlement, le bilan de la SFIL «devrait légèrement baisser et se stabiliser entre 60 et 70 milliards d’euros», explique François Laugier, son directeur général adjoint.
Tout en finançant la production nouvelle de LBP, la SFIL compte en effet se défaire petit à petit des 9,4 milliards d’euros de prêts sensibles hérités de Dexia. Selon Philippe Mills, Bercy préparerait «une stratégie d’ensemble» pour coordonner l’action des banques en la matière.
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