La justice américaine multiplie les attaques à l’encontre des agences de notation
L’onde de choc va sans surprise se répandre et persister un long moment. L’offensive lancée cette semaine par la justice américaine à l’encontre de Standard & Poor’s, promettant de lui réclamer quelque 5 milliards de dollars en réparation pour avoir trompé les investisseurs en surnotant des produits avant la crise de 2007, ne sera en effet qu’un épisode d’une attention particulière à laquelle devront faire face les agences de notation. Et pas seulement de la part du Département de la justice des Etats-Unis.
Hier soir, Fitch a abaissé de «A-» à «BBB+» la note allouée à McGraw-Hill, la maison mère de S&P, en réaction aux menaces pesant sur l’agence. Une note assortie d’une perspective négative laissant la porte ouverte à une nouvelle dégradation. Fitch assure que cet abaissement reflète les risques associés à la procédure judiciaire lancée par le gouvernement et celles décidées par divers Etats, avec l’impact potentiel qu’elles pourront avoir sur les opérations de S&P.
Et Reuters de citer cette nuit des sources proches évoquant une enquête visant les trois principales agences de notation, S&P, Moody’s et Fitch, de la part du procureur de New York Eric Schneiderman. Ce dernier aurait transmis cette semaine à S&P une incitation à témoigner ainsi que des demandes formelles d’information aux deux autres agences. Le procureur viserait particulièrement les méthodes de notation des titrisations de créances immobilières (MBS, Mortgage-backed securities) et chercherait à mettre en évidence les carences des agences pour mettre en œuvre un accord de 2008 promettant des réformes. Signé par les trois concurrentes, cet accord avait mis un terme à de précédentes poursuites dans le cadre du crédit hypothécaire.
Reuters croit également savoir que le département de la justice et plusieurs Etats envisagent sérieusement d’attaquer directement Moody’s, attendant tout de même de voir ce que donnera l’action intentée contre S&P. Depuis son annonce, les titres McGraw-Hill et Moody’s ont abandonné respectivement 15 et 25% à New York. Fitch, contrôlée par Fimalac, échapperait pourtant à ces poursuites, du fait de son rôle plus modeste outre-Atlantique, selon les sources. Responsable du crédit des marchés développés chez DoubleLine Capital, Bonnie Baha ne doute pas que les trois agences sont concernées car elles ont toutes accordé les mêmes notations à certaines transactions. La primeur accordée à S&P constituerait à ses yeux une «récompense» pour avoir mis fin au «AAA» des Etats-Unis à l’été 2011.
Plus d'articles du même thème
-
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances. -
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
- Alphabet et Amazon se financent aux alpine bonds
- La famille Seydoux devra payer le vrai prix pour son offre publique de retrait sur Gaumont
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.