La future «flat tax» inquiète le monde de l’épargne salariale
Voulue par de Gaulle, soucieux de faire bénéficier tous les salariés des fruits de la croissance, l’épargne salariale a 50 ans cette année. Un bel anniversaire, mais la fête pourrait être gâchée par le septième successeur du général à la tête de l’Etat. C’est en tout cas ce que craignent certains des principaux opérateurs sur ce marché, tels que Natixis AM, numéro un pour la tenue de comptes, et numéro deux derrière Amundi pour les sommes gérées.
Emmanuel Macron a en effet annoncé vouloir instaurer une «flat tax», autrement dit un impôt au taux proportionnel, frappant uniformément tous les revenus de l’épargne (y compris les plus-values), de près de 30%. Les assureurs vie ont déjà obtenu que les contrats inférieurs à 150.000 euros soient exonérés de tout changement.
En revanche, s’agissant de l’épargne salariale, l’incertitude demeure, avant les arbitrages rendus en août. Si le projet du nouveau président consiste à revenir au principe antérieur du prélèvement libératoire, pas de problème, ainsi qu’on l’admet à l’Association française de gestion financière: l’épargne salariale ne sera pas concernée par la réforme de la fiscalité. Enfin, presque pas : quand un épargnant la récupère, pour quelque motif que ce soit, il la voit soumise aux seuls prélèvements sociaux. Or ceux-ci vont passer de 15,5% à 17,2%, sous l’effet de la hausse annoncée de la CSG, à hauteur de 1,7 point.
En revanche, si le projet d’Emmanuel Macron consiste à adopter vraiment le modèle nordique, qui passe par la suppression complète des niches fiscales, imposant l’ensemble des revenus de l’épargne à 30% afin d’éviter toute distorsion dans l’allocation des patrimoines, le changement sera sensible pour les 10 millions de Français détenteurs d’épargne salariale. Le risque existe de voir ceux-ci retirer rapidement les sommes disponibles, pour les transférer sur l’assurance vie au régime fiscal plus favorable, par exemple. «Doubler quasiment l’imposition de l’épargne salariale à la sortie, avec l’instauration d’une flat tax de 30%, aurait des conséquences lourdes, pour ce dispositif populaire, qui fonctionne bien et qui concourt au financement de l’économie à long terme» souligne Stéphane Caminati, directeur général de Natixis Interepargne. «Je rappelle que 49% des sommes investies en épargne salariale sont disponibles à tout moment» …
Mieux vaudrait chercher le moyen de développer l’épargne salariale, affirme-t-il. Comment ? «L’abaissement du seuil d’obligation de l’épargne salariale à dix salariés nous semble nécessaire.»
Plus d'articles du même thème
-
Souveraineté : la compétitivité européenne passera par l’investissement dans ses entreprises technologiques
Christophe Hautin, gérant actions senior chez Allianz Global Investors, explique dans cette tribune pourquoi, comme le constatait notamment le rapport Draghi publié en 2024, il y a une urgente nécessité de mobiliser davantage de capitaux vers les entreprises technologiques européennes afin de soutenir la compétitivité, l'innovation et l'autonomie stratégique du continent. -
Le marché de la gestion de patrimoine islamique croit en son potentiel
Soutenue par l'évolution des attentes des épargnants et la montée en puissance d'acteurs spécialisés, la gestion de patrimoine islamique poursuit sa structuration. Reste à transformer ce potentiel en un marché suffisamment mature pour attirer durablement les fournisseurs de solutions d'investissement. -
Les gérants actifs subissent le coût du «value for money» au profit des intermédiaires
Les sociétés de gestion ont absorbé l’essentiel de la baisse des frais des unités de compte alors que la part dédiée aux rétrocessions, permettant de rémunérer la distribution, est restée stable. Cette pression sur les marges affecte toujours plus la gestion active.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.