La France lance le processus d’émission de ses premiers «green bonds»
Les road-shows devraient débuter en fin de semaine sous la houlette de Barclays, BNP Paribas, CA CIB, Morgan Stanley, Natixis et SG CIB.
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Patrick Aussannaire
Le gouvernement français a déjà identifié un ensemble de dépenses vertes éligibles de quelque 10 milliards d’euros.
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Crédit Thinkstock.
La France a officiellement ouvert hier le tour de table de sa première obligation verte (green bond) souveraine en euro. Aucun montant ni aucune maturité cibles n’ont été révélées. Mais le ministre de l’Economie, Michel Sapin, a lancé lors d’une conférence de presse l’objectif de lever plusieurs milliards d’euros et de créer un véritable benchmark sur le marché des green bonds français en concédant un niveau de spreads pas plus élevé, voire inférieur, à celui sur les obligations d’Etat classiques. L’opération devrait être présentée aux investisseurs par l’Agence France Trésor (AFT), avec les équipes du ministère de l’Environnement, dans les deux prochaines semaines et sera réalisée sous réserve de conditions de marché favorables.
L’AFT mènera des road-shows à partir de vendredi en Europe, aux Etats-Unis mais aussi en Asie pour sonder l’appétit des investisseurs pour cette émission dont les maturités seront comprises entre 15 et 25 ans. La transaction sera syndiquée par Barclays, BNP Paribas, le Crédit Agricole, Morgan Stanley, Natixis et SG CIB.
Les nouvelles OAT vertes seront abondées ensuite régulièrement par adjudication pour assurer la plus grande liquidité possible, et pour se rapprocher des conditions existant sur les lignes d’OAT classiques. L’objectif est de «favoriser le développement du marché des obligations vertes pour qu’il atteigne la taille critique suffisante afin d’inciter les opérateurs à investir davantage pour le développement durable et notamment la lutte contre le changement climatique», indique Bercy dans son communiqué.
Afin de «contribuer à définir le meilleur cadre de ce marché, en proposant une approche innovante sur l’évaluation environnementale» et d’obtenir les meilleurs conditions possibles sur l’émission, la France devrait constituer dès le début d’année un «Conseil d’évaluation de l’obligation verte», un cabinet scientifique et économique composé de personnalités internationales indépendantes. Il sera chargé d’évaluer en toute transparence vis-à-vis des investisseurs la performance environnementale des dépenses vertes réalisées dans le cadre de ces émissions. Le gouvernement a déjà identifié un ensemble de dépenses vertes éligibles d’environ 10 milliards d’euros au total, qui pourront servir de support aux financements qui seront levés grâce à l’émission de la ligne d’OAT vertes.
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