La Fed renforce le sentiment d’une hausse des taux en juin
Une accélération de la croissance et de l’inflation conduira la banque centrale à passer à l’action, montrent les minutes du FOMC d’avril.
Publié le
Yves-Marc Le Réour
La Réserve fédérale relèvera probablement ses taux en juin si les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une accélération de la croissance américaine au deuxième trimestre, montre le compte-rendu publié hier soir de son dernier comité de politique monétaire (FOMC). Lors de cette réunion tenue les 26 et 27 avril dernier, les responsables de la Fed ont ajouté qu’ils craignaient moins un ralentissement de l'économie mondiale. Certains d’entre eux ont néanmoins exprimé leur inquiétude face au risque de turbulences sur les marchés financiers à l’approche du référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne le 23 juin ou en raison de la politique de taux de change de la Chine.
Une probabilité de 34%
Si quelques membres ont exprimé leur inquiétude face au ralentissement de la croissance domestique au premier trimestre, d’autres ont estimé que la vigueur des créations d’emplois témoignait de la résistance de l'économie du pays. «La plupart des participants ont jugé que si les récents indicateurs allaient dans le sens d’une accélération de la croissance économique au deuxième trimestre, de la poursuite du renforcement du marché du travail et de progrès de l’inflation vers l’objectif de 2% du comité, alors il serait probablement approprié pour le comité de relever en juin la fourchette d’objectifs des taux fédéraux», peut-on lire dans ces «minutes».
Le prix des contrats à terme sur les taux d’intérêt américains indique que les investisseurs estiment désormais à 34% la probabilité d’une hausse des taux le mois prochain contre 19% juste avant la publication des minutes, selon CME Group. Pour juillet, la probabilité est désormais de 50-50, alors que les traders voyaient auparavant une chance sur trois de hausse des taux. Plusieurs présidents de Fed régionales, comme Eric Rosengren à Boston ou John Williams à San Francisco, avaient récemment souligné que les marchés financiers sous-estimaient les chances d’un relèvement des taux à l’issue de la prochaine réunion du FOMC qui aura lieu les 14 et 15 juin.
Les déclarations de la Fed ont également provoqué un brusque raffermissement du dollar qui a fait se retourner à la baisse les cours du pétrole, tandis que les rendements des bons du Trésor américains ont bondi. Nettement orientée à la hausse jusqu’à la publication de ce compte-rendu, la Bourse américaine a terminé la séance sur une note quasiment stable.
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
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