La Fed entrouvre la porte à une hausse des taux en juin
Le FOMC ne mentionne plus explicitement dans son communiqué les risques que les développements internationaux font peser sur l’économie américaine.
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Yves-Marc Le Réour
La Fed considère que l’activité domestique reste assez équilibrée.
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Photo Bloomberg
La Réserve fédérale a laissé hier soir ses taux directeurs inchangés à l’issue de la réunion de deux jours de son comité de politique monétaire (FOMC), mais quelques inflexions de langage laissent entendre qu’elle n’a pas exclu un relèvement lors de la prochaine réunion à la mi-juin. Contrairement à ses déclarations précédentes, le FOMC n’a en effet cette fois pas explicitement mentionné dans son communiqué les risques que les développements économiques et financiers internationaux font peser sur l’économie américaine.
Le comité a simplement indiqué qu’il continuera à «surveiller de près» la situation. «Ce changement de vocabulaire sur les risques est significatif », commente Carl Tannenbaum, économiste en chef chez Northern Trust, en ajoutant que «cela peut refléter un degré de confort plus important sur la capacité du comité à piloter les influences économiques extérieures».
La banque centrale considère que l’activité domestique reste assez équilibrée. Si les dépenses des ménages ont ralenti, leurs revenus réels ont augmenté à «un rythme solide» et la confiance du consommateur demeure élevée, constate la banque centrale. Le marché immobilier s’est encore amélioré, tandis que les exportations ont été faibles. La première estimation de la croissance du premier trimestre aux Etats-Unis doit être publiée aujourd’hui et les économistes interrogés par Reuters s’attendent à un net ralentissement, à 0,7% en rythme annualisé contre 1,4% sur les trois derniers mois de 2015.
Bien que l’inflation se soit récemment accélérée, la Fed s’attend à ce qu’elle demeure faible à court terme, en partie à cause de l’impact prolongé de la baisse des prix de l'énergie. Elle demeure cependant confiante dans la remontée du taux d’inflation vers son objectif de 2% sur le moyen terme.
Comme le mois dernier, une seule membre de la Fed, Esther George de l’antenne régionale de Kansas City, a voté contre le statu quo, préférant que les taux soient relevés d’un quart de point. Les marchés à terme suggèrent néanmoins que l’hypothèse d’une hausse en septembre est la plus vraisemblable et ils montrent que la probabilité d’une deuxième hausse d’ici la fin de l’année est jugée inférieure à 50%. Selon le baromètre FedWatch de CME Group, les investisseurs estiment désormais à 23% la probabilité d’un relèvement du taux des Fed funds en juin, contre 21% auparavant.
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
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