La Fed devrait confirmer une nouvelle hausse des taux en mars
La prochaine réunion du FOMC intervient sur fond d’alignement des anticipations de taux des marchés sur ses propres prévisions.
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Patrick Aussannaire
La réunion du FOMC de la Fed se tiendra mardi 30 et mercredi 31 janvier 2018.
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Photo Fed.
La Fed devrait pouvoir calmer les marchés. La réunion du FOMC qui se tiendra demain et mercredi, la dernière sous la présidence de Janet Yellen, ne sera suivie ni d’une conférence de presse ni d’une mise à jour des projections, mais elle devrait ouvrir la porte à une hausse de taux lors de la prochaine réunion du 20 et 21 mars. Ce scénario est d’ailleurs désormais anticipé par le marché avec une probabilité supérieure à 90%. Les discours récents suggèrent que l’opinion médiane des membres de la Fed n’a guère évolué au cours des deux derniers mois et continue de tabler sur un scénario de trois hausses de taux cette année, avec un rebond anticipé de l’inflation vers l’objectif de 2%, sous l’effet d’une accélération plus forte que prévu de l’activité.
Les chiffres du PIB publiés vendredi ont confirmé l’accélération de la croissance américaine à 2,3% en 2017, après celle de 1,5% enregistrée en 2016, malgré un ralentissement à 2,6% en rythme annuel au dernier trimestre 2017. Les dépenses de consommation, dont dépendent plus de 65% de l’activité aux Etats-Unis, ont progressé à un rythme de 3,8% au trimestre dernier, et les importations de 13,9%, leur plus forte hausse depuis 2010, ce qui traduit le dynamisme de la demande intérieure même si le commerce extérieur a ôté 1,1 point de croissance et les stocks 0,7 point. La Fed pourra s’appuyer sur une croissance anticipée à 2,7% cette année, et sur un indice PCE d’inflation sous-jacente remonté à 1,9% au trimestre dernier, alors qu’il était tombé à seulement 1,3% au cours des trois mois précédents.
Cette réunion de la Fed intervient en outre dans un contexte de réajustement des anticipations de taux tant sur la partie courte que la partie longue de la courbe américaine. Après une phase de relative insensibilité aux messages haussiers de la Fed, les marchés se sont désormais alignés sur trois hausses cette année. Le rendement des Treasuries 10 ans s’est tendu de 62 pb depuis septembre pour revenir à un niveau de 2,66%, son plus haut depuis fin 2014. Ce durcissement des conditions financières est néanmoins compensé par la chute du dollar, alors que cette semaine sera également marquée par le discours sur l’état de l’Union durant lequel Donald Trump pourrait donner plus de détails sur son plan d’infrastructures, de 1.000 milliards de dollars selon les rumeurs, et préciser sa position sur le dollar.
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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