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Bonds with Benefits : les investisseurs crédit peuvent-ils vraiment tout concilier ?

QUONIAM
Durabilité et alpha ne sont pas nécessairement un choix exclusif. L’arbitrage entre les deux peut être mesuré, et il n’est pas linéaire.
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 -  FOTO KOESER

Combiner des objectifs de durabilité et la recherche de performance dans un portefeuille crédit n’est pas une idée nouvelle. Une question reste en revanche moins explorée : jusqu’où peut-on pousser les objectifs de durabilité avant que le coût en alpha ne devienne significatif ?

Les résultats de Bonds with Benefits, l’étude que Quoniam a consacrée aux obligations d’entreprises investment grade, suggèrent que la réponse n’est pas linéaire. L’étude examine trois dimensions mesurables de la durabilité : l’empreinte carbone des émetteurs, leur contribution aux Objectifs de développement durable (ODD) et l’allocation aux obligations vertes. Dans l’échantillon étudié, diviser par deux l’empreinte carbone d’un portefeuille, ou porter le poids des obligations vertes à trois fois celui de l’indice de référence, n’a entraîné qu’une réduction marginale du potentiel de performance. Cela tient notamment au fait que les mesures de durabilité analysées présentent une corrélation très faible avec les facteurs crédit établis, comme la value et le momentum. Il est donc possible d’orienter sensiblement un portefeuille vers certaines caractéristiques de durabilité sans renoncer immédiatement aux expositions qui génèrent l’alpha attendu.

Cette marge de manœuvre n’est toutefois pas illimitée. À mesure que les contraintes de durabilité deviennent plus exigeantes, l’univers investissable se rétrécit et l’exposition aux facteurs rémunérés peut diminuer. À un certain point, ce coût devient significatif. L’étude identifie ce point et quantifie les coûts associés à chaque politique ESG.

Rendre l’arbitrage mesurable

C’est là qu’un cadre systématique devient utile. Dans la gestion crédit multifactorielle, des signaux tels que le carry, la value et le momentum peuvent être combinés en une estimation d’alpha utilisée dans la construction du portefeuille. L’effet d’un objectif de durabilité supplémentaire peut alors être évalué ex ante : dans quelle mesure modifie-t-il l’exposition aux facteurs, l’alpha attendu et l’univers d’opportunités ?

Nos travaux montrent par exemple que des améliorations modérées des caractéristiques de durabilité peuvent être introduites avec une réduction limitée du potentiel d’alpha, tel que le mesure le signal multifactoriel. À mesure que les contraintes deviennent plus ambitieuses, l’arbitrage devient progressivement plus visible. Le graphique ci-dessous illustre cet arbitrage pour différents niveaux de réduction de l’intensité carbone du portefeuille par rapport à l’indice de marché.

Figure 1 : Arbitrage entre exposition aux facteurs et réduction de l’intensité carbone

Figure 1 : Arbitrage entre exposition aux facteurs et réduction de l’intensité carbone

Comme le montre la figure 1, une réduction significative de 50 % de l’intensité carbone ne modifie guère l’exposition aux facteurs atteignable, et peut donc être mise en œuvre avec une perte de surperformance attendue négligeable. Plus les objectifs de réduction deviennent extrêmes, en revanche, plus ils réduisent l’exposition aux facteurs et, par conséquent, le potentiel d’alpha. Dans les approches systématiques, l’arbitrage entre ESG et performance peut ainsi être quantifié de manière solide.

Pourquoi cela compte aujourd’hui sur le crédit

Cette distinction devient particulièrement pertinente lorsque les spreads de crédit sont serrés. Le carry a été le facteur le plus performant en 2025. Sur un horizon plus long, toutefois, un signal multifactoriel équilibré a offert un profil rendement-risque plus stable que le seul recours au carry. Lorsque les spreads laissent moins de place à une compression supplémentaire, comprendre et diversifier les sources de rendement attendu devient de plus en plus important.

La même discipline devrait s’appliquer aux objectifs de durabilité. Pour un investisseur institutionnel, la question devrait être de savoir quelle part des objectifs de performance et de durabilité peut être atteinte simultanément, quelles expositions du portefeuille sont affectées, et à partir de quel point l’arbitrage commence à peser.

L’étude complète Bonds with Benefits est disponible sur le site de Quoniam Asset Management.

Nous contacter :

Michel Marques – Alforis Finance – michel.marques@alforis.fr – +33 6 46 46 22 91
Katherina Duong-Bernet, CFA – Dufolio – kd@dufolio.com – +33 6 36 06 43 69

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