La dette d’acquisition de PetSmart a rencontré un vif intérêt
Confrontés à un marché primaire des prêts de financement à effet de levier (leveraged loans) en contraction, les investisseurs sont à l’affût des meilleures opportunités. En témoigne le placement aisé réalisé ce jeudi par PetSmart, qui sollicitait le marché pour financer son acquisition par BC Partners.
Initialement assortie d’un coupon de 450 points de base (pb) au-dessus du Libor, l’émission du distributeur américain d’aliments pour animaux domestiques a finalement été bouclée à 400pb, à l’issue de deux «reverse-flex», selon des sources relayées par Bloomberg. Autre mesure de l’engouement des investisseurs, la décote à l’émission de ce «Term Loan B» (TLB) à covenants allégés de 4,3 milliards de dollars a été revue de 100 à 50pb du pair.
«Grâce à des notations meilleures qu’attendu, PetSmart a suscité une incroyable réponse du marché», analysent les experts de S&P Capital IQ LCD, dont les statistiques au 12 février indiquent que le spread moyen de ce type d’opération s’établit aux alentours de 475pb. «Les investisseurs ont fait peu de cas des inquiétudes entourant l’important levier global [du groupe], ainsi que de certains éléments de la panoplie des leveraged loans habituels», ajoutent-ils.
Moody’s a respectivement attribué des notations de B1 et Ba3 au distributeur et au TLB, estimant que le multiple d’endettement du groupe grimperait à 7,25 fois son Ebitda après l’opération. Ce dernier retomberait ensuite sous 24 mois à un niveau de 6 fois, qui constitue la limite prudentielle arrêtée par les régulateurs américains en mars 2013.
Outre la recherche de rendement, l’intérêt des investisseurs traduit également une relative pénurie sur le marché des leveraged loans, qui demeure encore loin du pic observé en 2007. Selon S&P Capital IQ LCD, le volume global d’émissions affiche ainsi une baisse de 27% depuis le début de l’année, à 69,7 milliards de dollars.
La facilité d’exécution de certains placements demeure, en outre, encore loin de constituer une tendance. Notamment en Europe. L’espagnol Esmalglass, qui a lancé au début du mois une syndication de 250 millions d’euros, envisage ainsi d’augmenter de 100 à 200pb la décote à l’émission. «Si les opérations bien considérées commencent à enregistrer des conditions de prix plus serrées, les arrangeurs prennent encore peu de risque en prenant des fourchettes larges», explique S&P Capital IQ LCD.
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