La désintermédiation des financements progresse chez les corporates
C’est un mouvement que met en lumière une enquête réalisée par le cabinet Bfinance auprès des principales sociétés non financières cotées françaises : la désintermédiation des financements progresse. La part de l’obligataire (placements privés inclus) dans la dette brute sur le SBF 80 a progressé de onze points sur les trois derniers exercices, pour atteindre 48% fin 2012, tandis que le poids des financements bancaires a suivi une évolution inverse (-11 points à 33%). Si on élargit au SBF120, la part des financements obligataires monte à 64%.
Si l’on rajoute d’autres opérations telles que la titrisation, la part de la désintermédiation s’établit à 67% en 2012, contre 61% en 2011 et 56% en 2010. Une évolution favorisée par des éléments porteurs : raréfaction du crédit bancaire sur fond de durcissement des règles prudentielles, recherche de la part des émetteurs d’une sécurisation de la liquidité, développement du marché des placements privés en euros, etc… Certains groupes ont ainsi considérablement fait évoluer leur structure de financement (voir le tableau ci-dessous).
Le marché des placements privés en euros se révèle comme un vecteur essentiel de la désintermédiation. Depuis son essor en juillet 2012, une quarantaine d’émissions sous un format obligataire ont été lancées par une trentaine d’émetteurs pour un montant de plus de 4 milliards d’euros. La réforme du Code des assurances devrait stimuler les marchés obligataires privés en permettant aux assureurs d’investir jusqu’à 5% de leurs actifs sous gestion dans des instruments de dette non listée.
Cette ouverture à de nouveaux acteurs soulève toutefois des questions en ce qui concerne l’analyse du profil de risque par l’investisseur, alors que l’intérêt de ce type de marché réside dans l’absence de notation. De quoi ouvrir potentiellement la voie à de nouveaux acteurs spécialisés, à l’image de Scope Credit Rating, même si un intervenant historique comme S&P a lancé cette année une nouvelle offre de notation «discrète» à l’intention des ETI.
Les frais ont bien entendu été adaptés à cette nouvelle catégorie d’emprunteurs, alors qu’une autre étude de Bfinance réalisée auprès de 30 entreprises non financières notées européennes révèle que la hausse des commissions a augmenté en moyenne de 10% sur l’année écoulée (pour atteindre 540.000 euros par an). Un taux toutefois contesté par les agences.
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