La création de valeur découlant d’une scission est avant tout opérationnelle
La création de valeur consécutive à une scission d’entreprise émane principalement de facteurs opérationnels, l’effet de levier financier jouant un rôle limité. C’est l’un des points saillants d’une table ronde qui s’est tenue mercredi, dans le cadre d’une conférence sur les fusions-acquisitions organisée par Les Echos.
Qu’il s’agisse d’un carve-out, impliquant la cotation partielle de plusieurs actifs, ou d’un spin-off qui consiste à séparer juridiquement la filiale d’un groupe avant de la mettre en Bourse, «le recentrage stratégique lié à ces opérations conduit à simplifier l’organisation interne des entités concernées», estime Louis Godron, président de l’Afic. Si le vendeur est un groupe fortement endetté, sa capacité à monétiser des actifs sera en outre favorablement perçue par les investisseurs crédit.
A l’exception d’Edenred ou de la Fnac, et en attendant la scission de SFR, «le marché français a enregistré peu de cas de ‘spin-off’ au cours des trois dernières années», relève Dominique Gaillard, directeur général d’Ardian (ex-Axa Private Equity). Lors de la revente d’une société précédemment scindée, l’effet de levier représente au maximum 25% de la création de valeur, l’essentiel provenant des décisions stratégiques et opérationnelles (R&D, investissements industriels, croissance externe…) prises par ses dirigeants. Ce phénomène est proche de celui qui a été observé dans des LBO secondaires.
Alors que des fonds souhaitant investir dans une entreprise scindée se contentaient auparavant d’informations peu approfondies, le processus de due diligence, qui peut atteindre 6 mois pour un carve-out, englobe maintenant l’ensemble des contrats, systèmes d’information et procédures de gestion des équipes. Ceci permet de «mieux évaluer la possibilité d’un fonctionnement autonome de la société», souligne David Willems, Associé chez PwC.
Scindé de Sanofi en 1999, Ceva, spécialisé dans la santé animale, va à nouveau ouvrir son capital après trois LBO. Président du conseil d’administration de Financière Chopin (groupe Ceva), Philippe du Mesnil explique que la prise d’indépendance d’une activité considérée auparavant comme périphérique par sa maison mère s’est accompagnée d’un projet d’entreprise fortement mobilisateur. Cette scission «a permis à la société de réaliser environ 35 opérations de croissance externe en dix ans», ce qui a largement contribué à sa création de valeur.
{"title":"","image":"80250»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale. -
En Inde, la cotation de Jio accumule les records
Issu du groupe Reliance, contrôlé par la famille Ambani, l’opérateur télécom a signé mercredi 28 octobre une spectaculaire entrée en Bourse pour son premier jour de cotation. Au point de devenir la deuxième capitalisation boursière indienne.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
« Des résultats impressionnants » : le FMI félicite Javier Milei et lui accorde 900 millions de dollars de prêts
Après avoir ralenti l’inflation et réduit les dépenses publiques, Javier Milei a convaincu l’instance internationale de verser une nouvelle aide dans le cadre d’un programme de relance -
Tribune libreMarc Fesneau : « L'AMF est prise en otage par son président David Lisnard »
Dans une tribune à l'Opinion, le député MoDem Marc Fesneau dénonce le mélange des genres du maire de Cannes, candidat à sa succession à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, et qu'il accuse de créer «les conditions d’une grande alliance avec le RN» -
Lignes de fondUn succès de l’IPO d’Anthropic planterait le dernier clou dans le cercueil de l’ESG
Le géant de l’IA fait de son mieux pour paraître au seuil de Wall Street vêtu de probité candide et de lin blanc. Pourtant...