La Cour des comptes met en garde contre les risques financiers des PPP
La Cour des comptes dénonce dans son rapport annuel présenté hier les risques financiers que peuvent représenter les contrats de partenariat public privé (PPP) pour les collectivités locales. Elle recommande à ces dernières d’être aussi prudentes et transparentes que possible d’être lorsqu’elles s’engagent dans cette forme de partenariat.
Cela fait un peu plus de dix ans que les contrats de partenariat permettent à l’Etat ou à une collectivité de recourir à un tiers privé, sur plusieurs années ou décennies, pour assurer la construction et l’exploitation d’un équipement ou la fourniture d’un service. Si les collectivités peuvent être tentées de recourir à ces contrats qui dérogent aux règles de la commande publique «pour répondre aux difficultés budgétaires à court terme, (…) ils ne permettent cependant pas de les résoudre et génèrent de fortes contraintes à long terme», soulignent les magistrats. Tout en affirmant qu’il est difficile, faute de recul, de juger de la performance de ces contrats, les magistrats soulignent qu’ils peuvent «s’avérer a postériori plus coûteux que les marchés classiques. Les loyers versés sont souvent élevés et les coûts prévisionnels largement dépassés, du fait de clauses contractuelles défavorables aux collectivités, mais aussi d’avenants conclus dans un sens généralement favorable aux entreprises». La Cour des comptes pointe du doigt la responsabilité des collectivités qui «ne se dotent pas de moyens techniques et humains nécessaires» ou s’appuient sur des «évaluations préalables insuffisantes» des projets.
La Cour recommande aux collectivités d’insérer dans leur débat d’orientation budgétaire le compte-rendu annuel d’exécution du partenariat, et d'éviter ces contrats en l’absence de moyens ou d’expertise. Elle recommande à l’Etat d’obliger les collectivités à réaliser une étude de soutenabilité du contrat, au stade de son évaluation préalable. Elle suggère aussi de retirer à la Mission d’appui aux partenariats publics-privés (Mappp) son rôle de promotion. Accusé d’être systématiquement favorable aux contrats de partenariat, cet organisme rattaché à Bercy devrait surtout offrir une expertise indépendante en faveur des collectivités.
Ces deux propositions rejoignent les réformes proposées par le gouvernement dans son projet d’ordonnance de transposition des directives européennes sur les marchés publics.
Plus d'articles du même thème
-
Dassault Systèmes confirme l'acquisition d'ArisGlobal et ses ambitions annuelles
L'éditeur de logiciels a annoncé la reprise du groupe américain pour 1,8 milliard de dollars à l'occasion de la publication de ses comptes trimestriels. -
Wellington, Vanguard et Blackstone lancent deux produits en commun
Il s'agit de deux fonds mêlant coté et non-coté et qui seront distribués dans un premier temps dans les réseaux de banque privée de Merrill et de Bank of America. -
Thales maintient ses objectifs 2026 malgré la baisse de son profit net
Les résultats du groupe ont été pénalisés par une charge exceptionnelle mais le secteur de la défense continue à porter sa croissance.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
IA-commerceCdiscount continue sa mue technologique avec son « usine agentique »
L'enseigne dirigée par Thomas Métivier déploie une infrastructure où plusieurs intelligences artificielles coopèrent pour accélérer et sécuriser le développement logiciel -
Coulisses« Ferme » mais ouvert au dialogue : ce Français chargé de négocier avec la Chine
La Commission européenne a nommé cet été un Monsieur Chine, dont la mission consiste à coordonner le travail en interne et à aller au contact des négociateurs de Pékin -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut