La consolidation se poursuit dans le courtage et la banque d’affaires
Dans le contexte difficile pour les banques d’investissement, deux boutiques ont décidé de se rapprocher: le conseil d’administration de Keefe, Bruyette & Woods, spécialisé dans le secteur financier, a accepté l’offre mixte de Stifel Financial, banque d’investissement et gérant de fortune américain de taille moyenne, peu connu en Europe. Les actionnaires de KBW recevront 17,5 dollars par titre: 10 dollars au comptant et 7,5 dollars sous forme d’action ordinaire de Stifel – la dernière partie étant susceptible de varier légèrement.
Ces termes valorisent KBW à environ 575 millions de dollars, soit 1,5 fois sa valeur comptable au 30 septembre et 2,5 fois sa valeur comptable ajustée des 250 millions d’euros de capital excédentaire présent sur le bilan de KBW et que Stifel récupérera à la conclusion de l’opération.
Le nouvel ensemble, qui couvrira donc les métiers de banque d’investissement et de courtage, est appelé à devenir un acteur majeur du mid-market aux Etats-Unis (sociétés inférieures à 500 millions de dollars de valeur). Stifel estime que cette acquisition lui permettra d’occuper une place de choix dans les secteurs financiers : banques, assurances, gestion d’actifs, conservation, immobilier.
Si la maison mère KBW Inc et ses activités de banque d’investissement se fondront dans Stifel, les filiales de courtage continueront à exercer de manière autonome et conserveront la marque «Keefe Bruyette & Woods» et ses dérivés.
L’éclatement de la bulle financière à partir de 2007 et la pression importante exercée par la réglementation ont fortement réduit les perspectives de marges des sociétés de services financiers, en particulier celles de petite taille comme KBW, qui n’ont d’autre recours que celui de se rapprocher. Un raisonnement que les deux protagonistes appliquent aussi à leurs clients.
KBW, qui publiait ses comptes du troisième trimestre lundi, n’est pas parvenu à sortir du rouge. Il accuse une perte de 5,2 millions de dollars, un montant cela dit nettement inférieur au déficit de 15,7 millions enregistré un an plus tôt. Il affiche des revenus stables de 50,5 millions. Stifel est beaucoup plus important: ses revenus ont atteint 420 millions de dollars au troisième trimestre – en hausse de 26% en un an – et son bénéfice a crû de 69%, à 38 millions.
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