La consolidation échauffe les esprits dans le «crowdequity» français
Il semble y avoir de la friture sur la ligne entre certains acteurs du financement participatif en capital (crowdequity). Les plates-formes Happy Capital et FinanceUtile ont indiqué hier matin avoir envoyé une offre d’achat de 100% du capital de Wiseed, le pionnier du secteur qui a récemment soigné sa notoriété en proposant un investissement participatif de l’aéroport de Toulouse.
«Cela fait plusieurs mois qu’on est informé du fait que Wiseed cherche à lever des fonds. Une telle acquisition nous permettrait de prendre une position forte en France au travers de trois marques distinctes», explique à L’Agefi Philippe Gaborieau, président et fondateur de Happy Capital. «Cette offre amicale, qui comprend également une réinjection pour du BFR et des investissements à venir, est financée à parité sur les fonds propres d’Happy Capital et de FinanceUtile. Elle pourrait être accompagnée par des fonds ou du financement bas de bilan (LBO) qui resteraient minoritaires», ajoute Philippe Gaborieau.
Mais chez Wiseed, le caractère «amical» de la proposition n’est clairement pas perçu. «Nous n’avons pas eu connaissance de cette offre», assure Thierry Merquiol, co-fondateur de la plate-forme et président du conseil de surveillance. En tout état de cause, les co-fondateurs, également détenteurs majoritaires des droits de vote, n’ont absolument pas l’intention de céder le moindre pourcent du capital.
Selon nos informations, Wiseed s’apprête à dévoiler un nouveau tour de table. La plate-forme devrait annoncer dans quelques jours une augmentation de capital de 3 à 4 millions d’euros, répartie à parité entre d’un côté, les actionnaires historiques et la communauté d’investisseurs, et de l’autre, des institutionnels. Dans leur communiqué, Happy Capital et Finance Utile affirment que «malgré plusieurs augmentations de capital successives importantes depuis sa création (...)», Wiseed n’a toujours pas atteint le point mort six ans après sa création.
La plate-forme basée à Toulouse a essuyé 366.000 euros de pertes l’an dernier pour un chiffre d’affaires de 230.500 euros. Elle a déjà permis à 45 start-up de lever près de 14 millions d’euros, contre près de 10 millions lors d’une quarantaine de levées pour Happy Capital et FinanceUtile réunies qui se disent à l'équilibre. Une drôle d’ambiance, alors que les dirigeants des trois plates-formes siègent tous au bureau de l’association française de l’investissement participatif (Afip).
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