La consolidation dans la finance européenne devrait s’accélérer en 2010
Les opérations de fusions-acquisitions ont atteint au premier semestre 2009 un niveau particulièrement bas dans le secteur financier européen, avec 32 milliards d’euros annoncés contre 178 milliards sur la totalité de l’année 2008. «En excluant les aides et rachats opérés par les différents Etats, ce montant tombe à 19 milliards d’euros contre 70 milliards en 2008 », précise l’étude de PricewaterhouseCoopers (PwC) consacrée au sujet. Si les recapitalisations en urgence ont disparu du paysage, la tendance à des opérations domestiques s’est confirmée dans toute la région.
Le cabinet table pour 2010 sur une accélération du rythme des fusions-acquisitions qui concernera en premier lieu les sociétés de crédit immobilier au Royaume-Uni, très dépendantes du secteur du logement. Des difficultés de financement combinées à une pression sur leur rentabilité favoriseront la restructuration du secteur autour une poignée d’établissements de grande taille, alors qu’à l’autre bout du spectre on trouvera de moins en moins d’acteurs de proximité.
La baisse des montants gérés devrait ensuite stimuler la consolidation du secteur de la gestion d’actifs, encore très fragmenté dans de nombreux pays européens. Ceci concerne notamment la gestion alternative dont les besoins de restructuration ont été amplifiés par la défiance des investisseurs suite à l’affaire Madoff. Le déclenchement d’opérations devrait être favorisé par le climat boursier plus favorable enregistré ces derniers mois.
«Quelques grandes institutions financières qui souhaitent développer leur activité de gestion d’actifs continueront à examiner les opportunités de croissance externe dans ce secteur afin de consolider leurs parts de marché notamment en Europe», estime Hervé Demoy, associé spécialiste du secteur financier chez PwC en France. Bien qu’ils soient encore pénalisés par un marché du crédit convalescent, certains fonds de capital investissement devraient également être à la manœuvre dans le secteur.
L’impact opérationnel des désinvestissements sera enfin un nouvel élément à prendre en compte, dans un contexte où les grandes institutions vont accélérer leur programme de cessions «en passant du statut d’acheteur à celui de vendeur, et ce passage ne se fera pas facilement pour certaines», conclut Hervé Demoy.
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