La communication de la BCE joue un rôle décisif dans l’efficacité du quantitative easing
Dans un document de recherche économique publié en juillet, l’économiste Roberto De Santis analyse les effets de la mise en oeuvre de la politique de quantitative easing (QE) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Il se concentre particulièrement sur les rachats de dettes publiques et leur impact sur leur rendement.
A l’instar des politiques menées par la Fed (qui a conduit à une baisse des rendements de 90 points de base entre décembre 2008 et février 2009) et par la Banque d’Angleterre (baisse de 50 points de base entre mars 2009 et janvier 2010), la politique monétaire de la BCE a précipité les taux d’intérêt des obligations d’Etat vers le bas, bénéficiant notamment aux pays fragiles de la zone euro (Portugal, Espagne, Italie ...).
Mais l’économiste estime qu’il est plus difficile de quantifier la politique de la BCE par rapport aux banques centrales anglo-saxonnes. On observe bien une réaction des marchés, se traduisant par une baisse des rendements des obligations publiques, après l’annonce du QE par Mario Draghi le 22 janvier 2015, et sa mise en place effective le 9 mars, un mouvement également observé après l’annonce, le 22 octobre, du maintien de l’action de la BCE afin d’empêcher une récession en zone euro. Mais ces observations n'éclairent pas le rôle joué par la communication implicite de la BCE, ni par les anticipations des marchés financiers.
Pour aller plus loin, Roberto De Santis cadre son analyse non pas sur le calendrier officiel de la BCE, mais sur les dépêches de l’agence Bloomberg portant sur les actions futures de la BCE et les attentes des marchés. Il élabore ainsi un ensemble de mots-clés (Draghi, QE, zone euro) dont l’occurence dans les dépêches Bloomberg définit une variable de son modèle économétrique. Il étudie dès lors la corrélation entre cette variable et les rendement des obligations souveraines.
Il démontre ainsi que les rendements de la dette publique étaient pricés dans la perspective du QE dès le second semestre 2014. Selon le chercheur, les rendements ont connu une décote de 56 points de base - soit la baisse la plus importante - entre septembre 2014 et février 2015, c’est à dire avant même que le rachat d’actifs ait réellement commencé. Cette observation démontre, selon lui, le pouvoir de la communication, même implicite, de la BCE sur les cours des actifs financiers.
Plus d'articles du même thème
-
Un Shein en perte de vitesse se présente à la Bourse de Hong Kong
Le géant controversé de la fast fashion a publié le 26 juillet son document d'introduction en Bourse. Il a signé une perte au premier trimestre et pâtit des taxations imposées aux petits colis dans les pays occidentaux. -
Le déficit commercial français reste plus lourd qu'avant la crise sanitaire
Le solde commercial français dépend de quatre principaux secteurs industriels qui n’ont pas retrouvé le même niveau d’exportations qu’avant la pandémie de Covid, hormis le secteur du luxe. -
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
Alors que les incendies font rage près de Bordeaux, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit en 2025 et 2026 une revue de la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées chez les assureurs, mais les actions de prévention restent à déployer.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
Cocktail explosifMégafeux : pourquoi ce n'est que le début
« Orage de feu » jamais vu, record d'évacuations, trentaine de foyers actifs simultanément : ce pire épisode d'incendies que le pays ait connu depuis 1949 illustre ce que les climatologues annoncent depuis des années -
EditorialCanicules, mégafeux : l'impasse de l'infantilisation citoyenne
Il est temps de changer de paradigme. Le précautionnisme a vécu. Pratiquée par tous nos dirigeants, cette religion de la protection absolue – « quoi qu'il en coûte » – sonne de plus en plus comme une promesse creuse -
BatailleA400M, bulldozers, sapeurs : la mobilisation maximale des militaires face aux feux
Les armées fournissent matériels et personnels face aux incendies, en plus d’une brigade dédiée à la sécurité civile. Et fait monter en puissance ses dispositifs