La City se prépare à un grand nettoyage après le scandale du Libor
Le scandale de la manipulation du Libor aura finalement eu raison de Bob Diamond. Un jour après la démission du président de Barclays, Marcus Agius, le directeur général a annoncé à son tour hier qu’il quittait le navire, conséquence d’une «pression extérieure qui a atteint un niveau qui risquait de porter atteinte à l’entreprise».
A la suite de cette annonce, Marcus Agius reprend provisoirement du service: il devient président à plein temps et sera chargé de trouver un remplaçant au directeur général.
Si les analystes parient sur un outsider capable de changer la culture de la banque, Antony Jenkins, le patron de la banque de détail et Rich Ricci, celui de la banque d’investissement, apparaissent comme des candidats internes sérieux.
Un temps pressenti, Jerry del Missier, ex patron des marchés, qui venait de prendre la direction des opérations, a aussi annoncé son départ hier. La démission de Bob Diamond ne bouleverse pas l’agenda de la semaine: l’ancien directeur général sera auditionné aujourd’hui devant une commission parlementaire sur l’implication de la banque dans le scandale du Libor.
Le rôle de la Banque d’Angleterre devrait aussi être évoqué: Bob Diamond a fait état de conversations en octobre 2008 avec Paul Tucker, gouverneur adjoint, qui aurait estimé que la banque publiait des taux trop élevés. Pierre angulaire de la future supervision bancaire outre-Manche, la BoE risque sa crédibilité d’autant que Paul Tucker est considéré comme favori pour succéder en 2013 au gouverneur Mervyn King. Le gouvernement britannique a déjà annoncé lundi son intention de lancer une enquête parlementaire sur les pratiques bancaires ainsi que sur le Libor.
L’office britannique de lutte contre la délinquance financière (Serious Fraud Office) envisage également d’engager des poursuites criminelles contre les banquiers qui se sont livrés aux manipulations de ces taux.
Barclays n’est pas un cas isolé: une vingtaine d’établissements financiers sur trois continents seraient impliqués dans cette affaire, et notamment HSBC, Lloyds Banking Group et RBS, qui a licencié quatre de ses traders fin 2011 pour leur implication présumée dans ces manipulations.
Adair Turner, président de la FSA, soulignait hier la nécessité de revoir l’approche des activités de gros des banques basées au Royaume-Uni. Un sujet qui donnera lieu à la publication d’un document à l’automne.
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