La City applaudit la réforme en douceur du Libor
Après seulement quelques semaines, Martin Wheatley, l’un des directeurs de l’Autorité des marchés financiers britannique (FSA) a présenté ses recommandations sur la réforme du Libor. Largement distillé dans la presse, ce plan en dix points a reçu un accueil presque unanimement favorable. Quelques voix se sont néanmoins élevées pour signaler que qu’il ne résolvait pas le problème du mode opératoire du Libor dans les périodes de stress financier.
De son côté, Simon Peck, analyste au sein de RBS, souligne que la réforme «ne devrait pas avoir de conséquences importantes à moyen terme sur la tendance directionnelle en matière de fixing du Libor», dans la mesure où elle se préoccupe davantage du «protocole de fixation du taux plutôt que des changements fondamentaux autour du concept de Libor». Les autorités financières britanniques se sont en revanche montrées très enthousiastes. La banque centrale d’Angleterre, par la voix de son gouverneur Mervyn King, a ainsi appelé à une mise en œuvre rapide des mesures avancées.
«Martin Wheatley a réalisé un travail remarquable» souligne Nicholas Motson, professeur de finance à l’université Cass à Londres, «il est parvenu à régler les deux problèmes principaux soulevés lors du scandale du Libor: le problème de la manipulation du taux par des banquiers non scrupuleux sera désormais confronté à un surcroît de régulation et à des sanctions pénales. Par ailleurs, la recommandation visant à inciter l’association de banquiers britanniques (BBA) à publier les taux des banques individuellement après trois mois risque de limiter la possibilité de fixer des taux bas».
De son côté, Andrew Tyrie, un parlementaire britannique chargé de superviser une enquête sur les standards bancaires, a applaudi la recommandation visant à retirer à la BBA la supervision de ce taux dans la mesure où sa «gestion s’est révélée désastreuse», selon lui. L’association elle-même a donné son assentiment à ce plan, après avoir indiqué un peu plus tôt dans la semaine qu’elle était prête à abandonner son rôle dans la fixation du taux interbancaire.
Dans la City, les interrogations vont désormais bon train sur l’identité du nouvel organisme: «L’heureux élu sera sans aucun doute celui qui sera volontaire pour porter la responsabilité de cette supervision», indique Nick Motson. L’agence d’informations financières Bloomberg a déjà fait part de son intérêt, comme Nyse Euronext.
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