La Chine simplifie les règles qui s’appliquent aux acquéreurs étrangers
La complexité des opérations de M&A en Chine freine l’enthousiasme des entreprises étrangères désireuses de s’implanter dans ce pays. Depuis 2009, sur un total de quelque 2.500 entreprises chinoises rachetées, seulement une cinquantaine de transactions d’une valeur supérieure à 100 millions de dollars a été le fait d’acquéreurs étrangers ayant pris une participation d’au moins 30% au capital de leur cible, montre un rapport du Boston Consulting Group (BCG) récemment publié sur ce sujet.
Les obstacles réglementaires représentent une étape cruciale à surmonter, avec l’intervention fréquente d’une demi-douzaine de régulateurs nationaux, provinciaux et locaux. Deux organismes centraux, le ministère du Commerce (Mofcom) et la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) ont proposé en novembre dernier une réforme profonde du régime des investissements étrangers. Si quelques secteurs demeureront «interdits», le principe d’autorisation préalable ne devrait plus s’appliquer qu’aux secteurs dans lesquels l’investissement étranger est «limité», dont le nombre passerait de 79 à 35.
En dehors de cette «liste négative», les investissements dans les 350 secteurs où la présence étrangère est encouragée, pour lesquels une prise de contrôle à 100% est possible, seront directement soumis à l’aval du bureau local de l’administration de l’Industrie et du Commerce, sans intervention du Mofcom. Ce nouveau guide d’investissement fait l’objet d’une consultation publique jusqu’à la mi-février. La période nécessaire à l’obtention d’une autorisation sera vraisemblablement plus courte si les régulateurs chinois estiment que la transaction «défend les intérêts économiques et industriels du pays», indique François Candelon, directeur associé senior du BCG au bureau de Shanghai.
La réussite d’une acquisition peut aussi être compromise par des questions de gouvernance. Le contrôle effectif d’une société chinoise ne découle pas systématiquement d’une prise de participation majoritaire car l’influence du conseil d’administration sur les orientations de l’entreprise est souvent faible. Dans le cas d’une coentreprise, «la partie chinoise ne tiendra ses engagements que si elle constate que cette entité répond dans la durée à ses besoins», souligne François Candelon. L’investisseur occidental «aura donc intérêt à inscrire en amont dans le pacte d’actionnaires les modalités précises d’un futur désengagement», en conclut-il.
{"title":"","image":"81915»,"legend":"Fusions acquisitions. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.