La Chine se tourne vers des prises de contrôle graduelles à l’étranger
En ayant davantage recours à des participations minoritaires à l’étranger, les groupes chinois ont modifié leur approche en matière de croissance externe. C’est l’opinion des participants au débat qui s’est tenu le 25 juin à Paris, dans le cadre de la conférence réunissant des dirigeants chinois et occidentaux (ICC 2013). John Studzinski, membre du comité exécutif de Blackstone, estime ainsi qu’une prise de contrôle immédiate à 100% «est la dernière option» à considérer pour des groupes chinois désireux de s’implanter à l’international. Ceux-ci auront souvent intérêt à commencer par des accords de licence ou des partenariats industriels, qui pourront déboucher sur une montée progressive au capital de la cible.
Cette démarche «permet généralement d’aligner plus facilement les intérêts des différentes parties prenantes», relève Joseph Tse, associé principal chez Allen & Overy. L’opération en cours sur le Club Méditerranée illustre bien cette stratégie, le conglomérat chinois Fosun ayant choisi de s’appuyer sur les dirigeants du groupe de loisirs et sur Axa Private Equity pour accroître son influence. Le géant Bright Food a pour sa part limité fin 2012 à 60% sa participation dans le fabricant britannique de céréales Weetabix, le solde du capital restant aux mains du management et du fonds de capital-investissement Lion Capital.
Une prise de participation minoritaire se révèle particulièrement utile lorsque la cible est une entreprise familiale. Elle aboutit à une meilleure transmission de l’expertise accumulée par les dirigeants en place, tout en diminuant le risque financier de l’opération. Elle a également l’avantage de ménager la susceptibilité de l’opinion publique du pays de la cible.
Les chiffres fournis par le fonds de private equity A Capital reflètent ce nouvel état d’esprit. Les prises de participation minoritaires effectuées à l’international par les entreprises chinoises ont progressé de 62% l’an dernier pour atteindre 21,9 milliards de dollars, soit 58% du montant total de leurs opérations transfrontalières. Cette proportion s’élève à 76% lorsque ces transactions émanent de groupes publics chinois.
La part réalisée en Europe a par ailleurs augmenté de 21% d’une année sur l’autre à 12,6 milliards de dollars, les cibles européennes ayant constitué sur la période un tiers des opérations initiées par des intérêts chinois.
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