La cession du loueur d’avions ILFC par AIG entre dans sa dernière ligne droite
Conclue en décembre dernier pour un montant total de 4,8 milliards de dollars, la vente à des investisseurs chinois d’ILFC, filiale de location d’avions de l’assureur américain AIG, devrait pouvoir être menée à terme après bien des vicissitudes. La semaine dernière, sa maison mère avait déclaré n’avoir pas reçu dans les délais prévus un versement de la part des acquéreurs, un motif théorique d’annulation du contrat.
L’assureur a finalement indiqué mercredi avoir reçu avec retard cet acompte correspondant à 10% du prix de la vente, ce que Josh Stirling, analyste chez Sanford Bernstein, considère comme le résultat de «complications administratives» en Chine plutôt que comme l’expression d’un désaccord sur l’opération. Le consortium chinois comprend New China Trust, détenu à 20% par Barclays, China Aviation Industrial Fund et P3 Investments, qui prendront le contrôle de 80,1% d’ILFC pour 4,2 milliards de dollars, avec une option de rachat sur 9,9% supplémentaires du capital. Une filiale d’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) devrait rejoindre ce groupe une fois l’acquisition menée à bien.
Les deux parties sont convenues courant mai de repousser au 14 juin la date limite de finalisation de la transaction, source d’enjeux à la fois politiques et financiers. L’opération est soumise à l’aval de plusieurs autorités réglementaires chinoises et américaines, notamment du Comité pour les investissements à l’étranger des Etats-Unis (CFIUS). Alors que la Chine s’efforçait jusqu’ici de maintenir un équilibre entre Boeing et Airbus dans ses commandes d’avions pour des raisons diplomatiques, l’intégration d’ILFC dans la chaîne d’approvisionnement du secteur donnerait la possibilité aux compagnies aériennes chinoises d’obtenir de meilleures conditions d’achat.
ILFC, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de dollars avec une marge nette de 9,1% l’an dernier, exploite une flotte d’un millier d’appareils, la Chine étant actuellement son premier marché. Suite à ce rachat, le loueur devrait «bénéficier de coûts de financement plus intéressants de la part des prêteurs domestiques chinois», selon Josh Stirling.
Quant à AIG, qui avait reçu en 2008 pour éviter la faillite une aide fédérale de 182 milliards de dollars totalement remboursée depuis mars dernier, il poursuit ainsi le recentrage entrepris sur son cœur de métier, en s’allégeant de 24 milliards de dollars de dette comptabilisés sur sa filiale.
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