La Caisse des dépôts reprend en main ses placements immobiliers
La Caisse des dépôts et consignations veut reprendre la main sur son immobilier. La gestion de son portefeuille de placements dans la pierre, d’environ 5 milliards d’euros aujourd’hui, a longtemps été assurée en interne, avant d’être déléguée de fait dans les années 2000 lorsque la CDC a vendu aux Caisses d’Epargne sa filiale Ixis, qui contrôlait l’asset manager immobilier AEW Europe. Ce dernier, dont la CDC a repris 40% du capital fin 2007 aux côtés de Natixis (60%), reste le premier de ses gérants externes. Mais à l’instar de nombreux institutionnels, la Caisse a décidé récemment de «réinternaliser» sa gestion immobilière. Elle a ainsi créé en février une structure dédiée, CDC GPI (Gestion des Placements Immobiliers), présidée par Céline Scemama et dirigée par Arnaud Taverne.
La partie internalisée correspondra aux actifs détenus à 100% par la Caisse des dépôts. En revanche, les immeubles acquis en coïnvestissement dans le cadre de club deals seront toujours confiés à des tiers, qu’il s’agisse des biens existants ou des nouveaux investissements –pour lesquels, en 2013, une enveloppe de 300 millions avait été fixée. AEW Europe et les autres gestionnaires immobiliers auxquels l’institution fait appel «continueront donc à gérer une partie significative du portefeuille», indiquent des sources proches du dossier. Interrogée, la CDC ne chiffre pas la part de ses actifs immobiliers que CDC GPI a vocation à gérer.
Dans l’esprit du groupe, la volonté de maîtriser l’ensemble de la chaîne d’investissement immobilier n’est pas un sujet nouveau et s’inscrit dans un mouvement général. La dépendance à l’égard d’AEW Europe s’est déjà réduite ces dernières années. En 2012, la Caisse des dépôts avait remis en jeu les mandats confiés à sa filiale commune avec Natixis, au profit notamment de BNP Paribas Reim.
Dès lors, en se dotant à nouveau d’un gestionnaire immobilier, la CDC aura-t-elle vocation à rester actionnaire d’AEW Europe? «Une évolution capitalistique d’AEW n’est pas à l’ordre du jour», assure une source proche du dossier. En 2007, le groupe avait arraché de haute lutte sa participation de 40% lors de discussions à couteaux tirés avec les actionnaires de Natixis. A l’époque, le gestionnaire immobilier affichait 16 milliards d’euros d’encours, et Natixis avait dégagé dans l’opération une plus-value de 56 millions. Au 31 mars 2014, AEW Europe revendiquait 18,1 milliards d’euros d’actifs.
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