La Caisse des dépôts fait équipe avec Mubadala pour investir en France
CDC International Capital et la société d’Abou Dhabi mobiliseront 300 millions d’euros, notamment dans l’immobilier et les infrastructures
Publié le
Alexandre Garabedian
CDC International Capital est prête à passer à l’action. La filiale de gestion créée par la Caisse des dépôts pour porter ses accords avec des investisseurs publics étrangers a signé hier un partenariat avec Mubadala, la société d’investissement d’Abou Dhabi. Les deux groupes se sont engagés à investir 150 millions d’euros chacun en France, soit une force de frappe de 300 millions avant toute utilisation d’un effet de levier qui devrait rester modéré. Une première réunion de travail s’est également déroulée hier.
Pour des raisons juridiques, ce partenariat ne prend pas stricto sensu la forme d’un fonds fermé de 300 millions. Les engagements se feront au cas par cas en co-investissement. CDC I Capital aidera Mubadala à investir en France en ayant un rôle d’origination et de pilotage des transactions. La thèse d’investissement correspondra aux besoins de la société émiratie, avec un fort accent mis sur les infrastructures et l’immobilier. Il n’est pas prévu en revanche de collaboration avec CDC Infrastructures, la filiale du groupe Caisse des dépôts dédiée à cette classe d’actifs.
Les deux partenaires visent «des objectifs de rendement élevés», selon le communiqué commun publié hier. Une manière de dire qu’ils rechercheront des taux de rendement internes comparables à ceux du marché et supérieurs à ce que pourraient attendre des acteurs publics, précise une source proche du dossier.
CDC International Capital a déjà mis en place un accord comparable avec le Qatar, portant lui aussi sur 300 millions d’euros d’investissements en fonds propres dans l’Hexagone. Une première prise de participation pourrait être dévoilée en avril.
Enfin, la Caisse des dépôts a annoncé en novembre le lancement d’un véhicule d’un milliard d’euros avec le Russian Direct Investment Fund (RDIF), le fonds souverain russe. Une première tranche de 300 millions d’euros devait aussi être mobilisée dans ce cadre. Contrairement aux accords passés avec le Qatar et Abou Dhabi, cette initiative a une double optique: permettre au RDIF d’investir en France, mais aussi accompagner les entreprises françaises ayant des projets de développements en Russie. Si les deux partenaires y travaillent toujours, la crise ukrainienne et la menace de sanctions contre Moscou compliquent pour l’instant l’aboutissement du projet.
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