La Caisse des dépôts doit accueillir un nouveau capitaine à un moment charnière
La Caisse des dépôts et consignations est habituée à changer de directeur général au gré des alternances politiques ou lorsqu’un nouveau locataire prend possession de l’Elysée. Mais le départ de Jean-Pierre Jouyet, l’actuel titulaire du poste, appelé hier par François Hollande au secrétariat général de l’Elysée à compter du 16 avril, laisse un goût d’inachevé.
Arrivé mi-juillet 2012 pour un mandat de cinq ans, Jean-Pierre Jouyet ne sera même pas resté deux ans à la tête d’un groupe qui demeure le bras armé de l’Etat sur les marchés financiers, affiche un bilan consolidé de 143 milliards d’euros et gère l’épargne réglementée des Français. Dans l’immédiat, Odile Renaud-Basso, directrice générale adjointe, assurera l’intérim. Deux noms circulaient hier pour prendre la relève. Celui de Pierre-René Lemas, secrétaire général sortant de l’Elysée, qui en tant qu’ancien préfet n’a pas un profil de financier. Et celui de Dominique Marcel, ancien numéro deux de la Caisse, qui dirige aujourd’hui l’une des filiales du groupe, la Compagnie des Alpes. C’est le premier de ces prétendants qui sera proposé aujourd’hui par l’Elysée, selon Le Figaro et Les Echos, qui citent la confidence de Jean-Pierre Jouyet au comité de direction hier. Dominique Marcel pourrait bien selon les quotidiens accéder à la présidence de Bpifrance, un poste duquel Jean-Pierre Jouyet avait annoncé son départ la semaine dernière.
Le nouveau directeur général arrivera à un moment charnière de l’histoire de l’institution. Jean-Pierre Jouyet avait lancé une stratégie de recentrage de la Caisse sur ses missions d’intérêt général, comme le logement et les infrastructures. Un choix dicté par la crise financière. Le groupe a perdu beaucoup d’argent dans Dexia, et a dû immobiliser à la demande des pouvoirs publics une bonne part de ses fonds propres dans Bpifrance, mais aussi dans La Poste, un investissement peu rentable.
La CDC cherche à retrouver des marges de manœuvre, y compris en renégociant à la baisse le dividende qu’elle verse à l’Etat. Le nouveau patron arrive aussi au moment où l’institution discute de l’avenir de l’une de ses principales participations, l’assureur CNP, avec le groupe BPCE. Il devra enfin résister aux pressions du pouvoir politique, tenté d’enrôler la Caisse des dépôts dans des aventures qui lui ont parfois coûté cher. Avec une différence par rapport à ses prédécesseurs: la fin de son mandat ne coïncidera plus avec l'élection présidentielle.
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