La Bundesbank prône un resserrement monétaire et budgétaire
Pour sa première interview depuis sa prise de fonction à la tête de la Bundesbank, Joachim Nagel donne le ton. Dans un entretien à Die Zeit, le président de la banque centrale allemande a évoqué une hausse de taux en 2022 et appelé en parallèle l’Europe à resserrer sa politique budgétaire après deux ans de soutien exceptionnel en raison de la pandémie.
« Beaucoup de pays commencent à relâcher les restrictions sanitaires. L’économie se redresse. Les marchés du travail se portent bien. Le tableau est encourageant. C’est pour cela que la politique monétaire peut devenir moins expansionniste », relève Joachim Nagel.
En Allemagne, l’inflation devrait rester « nettement supérieure » à 4% cette année, a précisé le banquier central.
Des règles plus strictes
Pour le responsable, la Banque centrale européenne pourra donc décider, lors de sa prochaine réunion le 10 mars, de resserrer sa politique si la situation reste en l’état. « La première étape est d’arrêter les achats d’actifs courant 2022 », estime celui qui a succédé en décembre dernier à Jens Weidmann. « Puis les taux d’intérêt pourraient remonter cette année », ajoute-t-il. « Si nous attendons trop longtemps, nous devrons agir de manière plus agressive, ce qui pourrait entraîner des plus fortes fluctuations sur les marchés », a justifié Joachim Nagel.
Suivant la longue tradition d’orthodoxie de la Bundesbank, le dirigeant appelle aussi l’Union européenne à remettre en place des règles budgétaires contraignantes. Des règles « plus claires, plus simples, plus strictes » sont nécessaires, pour éviter que les Etats ne les contournent, comme avant la crise sanitaire, et « s’assurer que les niveaux élevés d’endettement public soient réduits ». Des commentaires qui contrastent avec les appels conjoints de la France et de l’Italie à ménager des exceptions aux règles budgétaires européennes pour les investissements dits d’avenir.
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