La Bourse de Londres tarde à justifier le rachat de LCH.Clearnet

Les résultats annuels de la chambre de compensation ont déçu. Certains jugent que le LSE a payé trop cher cette acquisitions au vu des synergies attendues
Alexandre Garabedian

Une chute de 3,95% du cours du London Stock Exchange (LSE) le 15 février et 144 millions de livres de capitalisation partis en fumée. L’accueil des résultats annuels de LCH.Clearnet, dont la Bourse de Londres doit devenir l’actionnaire de référence une fois les derniers feux verts obtenus d’ici à la fin du mois, s’est révélé glacial. Les performances de la chambre de compensation ont en effet déçu, avec une croissance des revenus limitée à 2%, des charges en hausse de 8% et un résultat opérationnel en recul de 13% à 92,8 millions de livres.

«Nous sommes désagréablement surpris, commentait vendredi Peter Leonardos, analyste actions chez RBC. Nous pensons que le processus d’intégration et de redressement de LCH.Cleanet sera long et compliqué».

La déception des marchés témoigne des doutes que suscite le rachat de 60% du capital de la chambre de compensation par le LSE. Xavier Rolet, le patron de la Bourse de Londres, avait accepté de débourser dans un premier temps 20 euros par titre, valorisant la cible à 813 millions. «Un prix très élevé», commente un professionnel. Elle a obtenu de ramener son offre à 15 euros en raison des exigences supplémentaires en capital que la nouvelle réglementation européenne sur les dérivés (Emir) fait peser sur les chambres de compensation.

Mais ce rabais de 25% ne règle pas tous les problèmes. Le LSE cherche d’ailleurs aujourd’hui à associer la Bourse de Singapour à son offre. Selon de bons connaisseurs du dossier, les synergies ne justifieraient pas le prix payé. D’une part, les banques actionnaires de LCH.Clearnet et qui utilisent ses services ont obtenu de garder la main sur la politique tarifaire du groupe. D’autre part, les régulateurs européens se montrent soucieux d’éviter une absorption complète de «leur» chambre de compensation en euros, Clearnet, par la branche LCH Ltd à Londres. «Le LSE ne sait pas quoi faire de Clearnet», estime la source.

Cet argument renvoie au péché originel de LCH.Clearnet: la fusion des deux chambres, annoncée au début des années 2000, n’a jamais convaincu. Plusieurs observateurs se prennent d’ailleurs à espérer que le dossier rebondisse à la faveur du rachat de Nyse par ICE. La scission et la mise en Bourse du cash actions et des dérivés d’Euronext hors Londres, a priori au premier semestre 2014, pourraient rouvrir le jeu autour de la partie continentale, Clearnet.

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